Envivio, société née par essaimage grâce à l'ex-CCETT (devenu Orange Labs) en 2000 à Rennes, assume sa double culture. Et croit en la capacité cérébrale de la capitale bretonne. En décembre, la PME technologique dont le siège est à San Francisco a inauguré à La Courrouze son nouveau centre de R & D. Envivio a installé 110 de ses 160 salariés dans l'immeuble abritant le Groupe Legendre. Avec un objectif: «atteindre les 200 personnes dans les deux ou trois ans», confie Julien Signès, président installé aux États-Unis depuis 14 ans. Spécialisée dans les technologies d'encodage pour la télévision, Envivio est par exemple à l'origine de la norme MPEG4 (en 2002). Dans ses dossiers du moment, le lancement, avec des opérateurs, de technologies permettant de personnaliser la publicité sur les écrans.
Forte capitalisation mais...
De 2009 à 2011, l'entreprise a multiplié par trois ses revenus (50M$ de CA en 2011). Ce qui lui a permis d'être fortement capitalisée. Il y a quelques années, elle a ainsi levé 95M$ auprès de différents fonds de capital-risque, qui représentent aujourd'hui la moitié de ses actionnaires. Mais en avril2012, Envivio a aussi été introduite au Nasdaq, à la Bourse de New York, ce qui lui a permis de récolter 50M$. Parmi ses principaux souscripteurs, Fidelity, un important fonds de pension américain. Une introduction qui, depuis la France, peut impressionner. En réalité, elle fut accueillie avec tiédeur par le marché. Habituée à de forts développements, Envivio n'a réalisé "que" 15% de croissance au premier semestre 2012. De quoi calmer l'enthousiasme de certains investisseurs. «On a souffert comme beaucoup de la crise, répond Julien Signès. Les opérateurs ont fini par investir moins.» Les résultats de l'équipe commerciale américaine, notamment pour toucher les grands comptes, ont aussi déçu. Résultat, «on a remplacé l'équipe», confie sans ambages Julien Signès, avec une transparence à l'américaine. Pour autant, avec «60M$ en banque, on a de quoi investir en R & D et créer de nouveaux produits, indique le président d'Envivio. Et on voit l'avenir avec une forte croissance sur les technologies et les applications que l'on sert.» Avec un marché américain qui doit représenter demain 40% du chiffre d'affaires, contre 20% aujourd'hui. Et un objectif de croissance externe dans des technologies tierces.
Envivio
(San Francisco) Président: Julien Signès Effectif: 160 (110 à Rennes) CA 2011: 50M$ www.envivio.com