Région Sud
Enogia scelle avec Naphtachimie un contrat d’au moins dix ans à Lavéra
Région Sud # Production et distribution d'énergie # Stratégie

Enogia scelle avec Naphtachimie un contrat d’au moins dix ans à Lavéra

Enogia, qui a réalisé 12,6 M€ de chiffre d’affaires en 2025 et emploie une cinquantaine de salariés, a signé un contrat avec Naphtachimie, filiale d’INEOS. Annoncé le 19 octobre, ce contrat d’au moins dix ans vise à convertir en électricité une partie de la chaleur perdue du site de Lavéra.

— Photo : Jan van der Wolf / Pexels - Photo d'illustration

Ce contrat marque une étape dans le développement de l’offre Green Shield Power Solutions d’Enogia, qui vise à valoriser la chaleur industrielle perdue en la convertissant en électricité. Cotée sur Euronext Growth, la société avait fixé, dans son plan Turbo 2028, l’objectif de lancer un premier projet industriel pour cette offre en 2026.

Des modules marseillais installés à Lavéra

Naphtachimie exploite à Lavéra, sur la commune de Martigues, un vapocraqueur classé Seveso seuil haut. Le groupe INEOS en détient la totalité depuis avril 2024, après le rachat de la participation de TotalEnergies. La société a dégagé 366,8 M€ de chiffre d’affaires en 2024 et employait 523 salariés cette année-là, selon Altarès.

Le site ne peut pas utiliser toute la chaleur que son procédé dégage en continu, et une partie se perd. Enogia y posera des modules ORC, fabriqués par ses soins à Marseille, qui transformeront en électricité une part de cette chaleur perdue. La société qualifie cette électricité de décarbonée, et l’usine la consommera directement.

C’est Enogia Assets Industry, filiale dont le capital est partagé avec ADEME Investissement, qui porte le contrat. Les deux industriels travaillaient sur ce dossier depuis plus de deux ans.

Aucune date de mise en service n’est avancée. Le calendrier des phases préparatoires sera défini par Enogia avec Naphtachimie.

Alexandra Loewenstein, directrice générale de Naphtachimie, explique ce qu’elle attend du projet. « Ce projet repose sur un principe simple : mieux valoriser une énergie aujourd’hui perdue afin d’améliorer l’efficacité énergétique de notre site ».

Un modèle sans investissement pour l’industriel

L’offre Green Shield Power Solutions relève de l’énergie en tant que service. Enogia assure l’exploitation des modules chez son client, ainsi que leur financement et leur installation. Elle lui vend l’électricité produite sur place, à un tarif qu’elle juge concurrentiel face au réseau, sans que le client engage le moindre investissement.

Le fabricant marseillais y voit un moyen d’ajouter, à ses ventes de machines, une source de recettes régulières en tant que producteur d’électricité.

Selon Enogia, le terrain français est exigeant, car l’électricité y coûte relativement moins cher qu’ailleurs en Europe. L’industrie lourde paie en outre son courant à prix modéré, ajoute la société, qui affirme que l’offre y reste concurrentielle.

Les ambitions d’Enogia pour 2026 et 2028

Enogia, créée en 2009, a publié en février un chiffre d’affaires 2025 en hausse de 57 %, dont 91 % à l’export.

Au premier semestre 2026, ses ventes ont atteint 7,2 M€, soit 32 % de plus qu’un an plus tôt. Le carnet de commandes s’établissait à 30 M€ au 30 juin, en hausse de 70 % sur un an.

La société vise une croissance supérieure à 30 % de son chiffre d’affaires en 2026. Elle publiera les ventes de l’exercice le 11 février 2027, après la clôture de la Bourse.

Son plan Turbo 2028 fixe un objectif de 25 M€ de chiffre d’affaires à cet horizon, avec une marge d’EBITDA de 20 %.

Elle compte aussi répliquer ce montage chez d’autres industriels. « L’industrie dissipe chaque jour des quantités considérables de chaleur ; nous disposons désormais d’un modèle robuste et d’une première référence pour aller la chercher, site après site », indique Arthur Leroux, président-directeur général d’Enogia.

Région Sud # Production et distribution d'énergie # Stratégie