Les violences en marge des manifestations ont dégradé plus de 2 500 commerces en France, selon le bilan de CCI France du 27 octobre. Dans la région, un fonds d’urgence prévoit une aide forfaitaire de 10 000 euros par commerce touché.
Marseille en tête du bilan chiffré par l’organisation
Lors de cette conférence, Les Entrepreneurs Sud ont voulu dresser un état des lieux économique régional. Quatre présidents départementaux, ceux des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, des Alpes-Maritimes et des Bouches-du-Rhône, y ont participé, avec quatre associations de commerçants marseillais.
Selon l’organisation, 527 commerces ont été touchés à Marseille et dans sa métropole. Parmi eux, 331 sont totalement sinistrés et 128 ont été intégralement pillés. Le Vaucluse compte cinq établissements concernés, contre plus de dix à Toulon et 16 à Nice.
Le préjudice financier direct dans la région représenterait de 28 à 35 millions d’euros, d’après l’organisation. Les associations de commerçants avancent une baisse de chiffre d’affaires de 70 à 80 %, liée à la désertion des centres-villes.
Fonds d’urgence existant et demandes complémentaires
Le fonds d’urgence déjà en place est abondé par CMA CGM, la Métropole Aix-Marseille-Provence, le Département des Bouches-du-Rhône et la Région Sud. Le conseil régional a acté le 23 octobre la réactivation de ce dispositif, baptisé « Solidarité commerces pillés ».
Pour que les commerçants touchés puissent reprendre durablement leur activité, l’organisation avance plusieurs demandes prioritaires. Elle demande d’abord un fonds de solidarité dont le montant serait proportionnel aux pertes d’exploitation et aux stocks détruits. Il couvrirait ce qui reste à la charge des commerçants après l’intervention des assurances, notamment pour les 128 commerces pillés intégralement.
L’organisation s’oppose à tout nouvel endettement, même par des prêts à taux zéro, estimant que les commerçants ne peuvent plus anticiper leur chiffre d’affaires. Elle souhaite aussi que l’activité partielle soit intégralement financée, y compris pour les boutiques restées ouvertes. Elle demande enfin un soutien d’urgence aux travailleurs non salariés et un report des échéances sociales et fiscales.
À l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron à Marseille le 26 octobre, Alain Gargani, président des Entrepreneurs Sud, a insisté sur l’urgence de ce fonds. Il a aussi plaidé pour un renforcement de la sécurité des centres-villes. Pour protéger les rues commerçantes les plus fragiles, des itinéraires alternatifs de manifestation ont déjà été entérinés dans le cadre d’une concertation avec la préfecture, indique l’organisation.
Une consultation nationale déclinée dans la région
Les Entrepreneurs Sud déclinent dans la région la Grande Consultation des Entrepreneurs, lancée le 15 octobre au niveau national et ouverte jusqu’au 15 janvier. Cette consultation nationale mobilise 120 fédérations professionnelles et organise plus de 100 réunions locales en France. Une plateforme en ligne, lagce.fr, et un laboratoire d’idées complètent le dispositif.
Les travaux comprennent un volet territorial et cinq axes stratégiques, dont la création de richesse et la souveraineté économique. Six rencontres se tiendront en région Sud, de la première le 17 novembre à Aix-en-Provence à la dernière le 15 décembre à Avignon. Les autres étapes seront Manosque le 24 novembre, Gap le 3 décembre, Sophia Antipolis le 10 décembre et La Garde le 14 décembre.
Les Entrepreneurs Sud présenteront ensuite aux candidats à l’élection présidentielle de 2027 des propositions chiffrées issues de ces échanges, afin de les interpeller.