EnobraQ : La première start-up de Toulouse White Biotechnology porte un projet de 2,8 M€
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EnobraQ : La première start-up de Toulouse White Biotechnology porte un projet de 2,8 M€

Biotech. EnobraQ est spécialiste de la capture et de la valorisation du CO2 par la levure. Un projet «compliqué mais très innovant», financé en partie par Sofinnova Partners.

Depuis sa création en novembre 2015, l'équipe d'EnobraQ s'est étoffée pour atteindre aujourd'hui les 13 collaborateurs. Issue d'un projet de recherche du démonstrateur pré-industriel Toulouse White Biotechnology (TWB) géré par l'Inra, cette société porte une forte ambition : développer un procédé biologique de capture du CO2 par des levures pour produire des composés chimiques, pouvant intéresser les industriels - éthanol (pour le carburant), acides aminés (additifs pour
l'alimentation animale), intermédiaires chimiques pour la peinture, la chimie, les solvants, etc.

Un projet risqué et innovant
« Nous avons des preuves de concept sur la captation du CO2 et la captation de l'hydrogène, qui est la source d'énergie » , annonce Michaël Krel, directeur général de EnobraQ et salarié de Sofinnova Partners, société française de capital risque spécialisée dans les sciences de la vie qui finance la start-up - cette même société d'ailleurs qui avait financé la biotech toulousaine Cerenis Therapeutics. « L'objectif est d'arriver en septembre 2017 à une preuve de concept avancée, avec un fermenteur de 2 litres où l'on fera buller du CO2 et de l'hydrogène pour produire un composant chimique. » Le projet, très innovant, n'est pas dénué de risques. « C'est très compliqué de produire ces composés à partir du CO2, au lieu du sucre », souligne Michaël Krel. Mais l'enjeu est énorme car en cas de succès, « on pourra produire des produits chimiques (carburants, plastiques...) moins cher car le CO2 n'est pas chers, et on règlera le problème environnemental du CO2 ! » En effet, la quantité de CO2 émise dans l'atmosphère pourra ainsi être réduite. Et il n'y aura plus besoin d'extraire du pétrole.

1,5 million d'euros pour boucler le financement
EnobraQ prévoit ainsi 18 mois de développement, hébergée par TWB à Toulouse. Sofinnova Partners (23 collaborateurs, CA NC), qui a investi dans la société 1,3 million d'euros, cherche actuellement des partenaires, « industriels ou plutôt des fonds d'amorçage locaux, nationaux ou européens », qui apporteraient 1,5 million d'euros. Soit au total, un projet à 2,8 millions d'euros qui aboutira fin 2017- si le succès est au rendez-vous - à une unité industrielle. Après ? « Tout est possible : nous vendrons des licences, ou nous céderons la société », évoque le directeur général d'EnobraQ. Et d'ajouter : « Si cela marche, cela vaudra beaucoup d'argent... et pourra changer le monde ! »

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