Un pôle d'excellence dédié aux équipements pour les marchés de l'énergie : c'est ce que préconise le Conseil de développement de l'agglomération stéphanoise pour redynamiser la Vallée du Gier, entre Saint-Chamond et Givors. Missionné par le pôle métropolitain, il recommande une stratégie basée sur l'excellence industrielle locale dans les marchés de l'énergie.
85 % des entreprises potentiellement concernées
« Nous avons identifié 43 entreprises travaillant dans le domaine des énergies et douze dans celui du nucléaire. Mais 146 pourraient s'intéresser à ce marché des équipements liés aux énergies. C'est une concentration assez importante », détaille Jean-Pierre Picolet, président du conseil de développement. Au final, 85 % des entreprises de la Vallée du Gier pourraient être concernés par un pôle équipements pour les énergies. Avec un effectif moyen de 33 salariés, ces PME n'ont pas toutes la taille suffisante pour se concentrer sur l'export et l'innovation. C'est notamment ce que pourrait apporter un pôle local structuré.
Un vrai besoin ?
Cette proposition, bien accueillie localement, laisse planer quelques doutes. « C'est plutôt rafraîchissant de voir des gens qui se donnent du mal pour le territoire, lance en préambule Michel Kekayas, le président du Club Gier entreprises (180 adhérents) et dirigeant de BIC à Saint-Chamond. Mais on n'a aucune assurance qu'il existe un vrai besoin de ce pôle du côté des grands donneurs d'ordre. Si c'est pour constituer un cluster qui ne génère pas de business, je n'en vois pas l'intérêt. Personnellement, je m'assure toujours du marché avant de lancer toute initiative. » En effet, sur la centaine de personnes auditées, peu d'interlocuteurs sont issus des grandes entreprises de l'énergie. La question du financement est également au coeur des préoccupations. « Effectivement, aujourd'hui, les donneurs d'ordre veulent avoir affaire à des sous-traitants capables d'offrir une prestation globale. Mais qui va payer ? On m'a répondu qu'on verrait ça dans un deuxième temps... C'est extraordinaire quand même ! Heureusement qu'on ne raisonne pas ainsi dans les entreprises », sourit Jean-Régis Tardy, dirigeant de la PME mécanicienne Tardy, positionnée sur le nucléaire et l'hydroélectricité.
Qui va payer ?
Le pôle métropolitain, sans ressource propre, pourrait difficilement assumer le budget d'un tel cluster. Le financement ne viendra probablement pas non plus de la Région qui ne voit pas d'un très bon oeil l'émergence de ce nouveau cluster aux compétences redondantes avec certaines structures, dont le pôle de compétitivité Tenerrdis et le cluster éco-construction. « Ce ne sera pas un cluster labellisé Rhône-Alpes, c'est clair et net », assène Jean-Louis Gagnaire, vice-président économique de la Région. Jean-Pierre Picolet, de son côté, défend sa proposition : « On a dit cluster parce que c'est parlant ; mais c'est peut-être collectif ou pôle. Quoi qu'il en soit, il faut faire quelque chose car il existe, certes, déjà Tenerrdis pour les énergies renouvelables mais combien a-t-il d'adhérents dans la Loire ? ». Le décompte est rapide : il y en a un seul, Micel à Saint-Chamond. « Nous sommes installés à Grenoble et la Loire ne fait pas partie de notre zonage, reconnaît Pierre Juliet, délégué général du pôle de compétitivité Tenerrdis. C'est dommage car nous sommes en déficit d'exploitation des potentialités de ce territoire entre Loire et Rhône. La démarche est bonne mais il serait plus pertinent de travailler en association avec ce qui existe déjà. » Pierre Juliet laisse la porte ouverte : « Si le Grand Lyon et les collectivités ligériennes nous soutiennent financièrement, nous pourrions ouvrir un bureau à Lyon, ce qui permettrait à ces entreprises de bénéficier de nos services ».
CLUSTER.
Le conseil de développement de Saint-Étienne métropole propose la création d'un cluster équipements pour l'énergie dans la vallée du Gier. Réactions.