Énergies marines : « Les PME des Pays de la Loire ne sont pas encore compétitives »
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Énergies marines : « Les PME des Pays de la Loire ne sont pas encore compétitives »

Le cluster nazairien Néopolia lance un programme d'actions censé rendre les PME des Pays de la Loire compétitives sur le marché des énergies marines.

Les PME ligériennes ne sont pas encore véritablement prêtes à aborder le marché des énergies marines renouvelables. « On veut avoir une filière compétitive dans les Pays de la Loire. On n'y est pas encore », juge Gwénael Maubert, délégué général du cluster nazairien Néopolia, qui fédère 180 entreprises industrielles, employant 18.000 salariés.




« 30 à 70 % plus chers »

Ce qui pousse le Nazairien à ce constat ? Les premiers appels d'offres passés par Alstom (pour cinq éoliennes offshore) et STX (pour une sous-station électrique) sur les marchés des énergies marines renouvelables. « Les réponses des PME ligériennes étaient 30 à 70 % plus chères que celles des entreprises du Danemark, de Pologne, d'Allemagne, d'Espagne ou de Grande-Bretagne », indique Gwénael Maubert. Rien d'anormal à cela : la plupart des entreprises ligériennes découvrent les marchés des énergies marines renouvelables. Cela n'a pas empêché des PME locales, comme Gestal, de remporter des premiers marchés. Mais il y a encore du chemin à parcourir avant d'être véritablement en ordre de bataille. Les ateliers de la nouvelle usine nazairienne d'Alstom, qui a plus de 300 éoliennes dans son carnet de commandes, et de STX, qui vient de remporter une deuxième sous-station électrique, vont se remplir dans les prochains mois. Pour les sous-traitants, il faudra être en mesure de tenir la cadence dans un marché que peu connaissent. « Pour simplifier, ce sont des métiers de la navale, avec les contraintes et l'exigence de l'offshore et une organisation industrielle et des cadences de l'automobile ou de l'aéronautique », résume Gwénael Maubert.




Un marché de 190 millions

Néopolia estime que dans le sillage d'Alstom et de STX, les PME peuvent aller chercher sur cinq ans 110 à 190 millions d'euros de contrats portant sur la fabrication de grands ensembles mécano-soudés et de fondations d'éoliennes. Des marchés qui vont battre leur plein à partir de 2018. Pour le cluster Néopolia, il s'agit d'aider les entreprises à se positionner sur ces marchés. C'est le but du programme « Neolab » que vient de lancer le cluster. Celui-ci s'articule autour de mesures très concrètes comme l'accompagnement des entreprises à passer des certifications nécessaires à ces marchés. Des réflexions pourraient déboucher dans un an sur des décisions plus ambitieuses. Comme la mise en place d'une centrale d'achat ou des investissements mutualisés entre les PME, dans des moyens industriels de plusieurs millions d'euros tels qu'un hall d'assemblage ou des cabines de peinture. Bref, il s'agit de mettre les bouchées doubles pour faire face à une concurrence européenne plus mature. Chez Néopolia on se veut rassurant : « En France on part souvent en retard, mais on rattrape toujours notre retard ».



S.V.

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