Encore loin des objectifs du pacte électrique régional...
# Production et distribution d'énergie

Encore loin des objectifs du pacte électrique régional...

La Bretagne consomme de plus en plus d’électricité et n’en produit toujours pas assez pour pouvoir revendiquer moins de dépendance énergétique. RTE a rendu public son bilan régional annuel qui traduit des efforts d'investissements, notamment dans la filière des énergies renouvelables.

Adopté en 2010, le Pacte électrique breton prévoit 34 % d’autonomie énergétique de la région à horizon 2020, contre 8,5 % à l’époque. Notamment par le « déploiement massif des énergies renouvelables » pour atteindre une puissance installée globale dans la région de 3.600 MW toutes énergies confondues... « En 2016, la production d’électricité en Bretagne a couvert 14 % de la consommation régionale », souligne Carole Pitou-Agudo, déléguée régionale de RTE dans l’Ouest. En 2015, cette couverture était de 15 %. Soit une légère baisse annuelle même. La cible à atteindre dans trois ans paraît donc encore très éloignée...

En 10 ans, + 11 % consommés

Pendant ce temps-là, la consommation électrique bretonne grimpe : + 11,1 % en dix ans, entre 2006 et 2016. Pas du fait de la grande industrie (en baisse de 959 à 717 GWh sur la période), mais plutôt des PME-PMI (de 8.343 à 9.235 GWh) et des professionnels et particuliers (de 10.247 à 11.365 GWh), donc notamment de la démographie. « La consommation régionale a évolué trois fois plus qu’en France (+ 3,1 %) », constate la déléguée locale de RTE, qui se veut toutefois rassurante : « Pour autant, la consommation commence à se stabiliser... » Elle a atteint 21,3 TWh en 2016, soit + 2,3 % en un an. Mais « corrigée de l’aléa climatique, la consommation finale est stable ». Un degré celsius d’écart de température extérieure et c’est l’équivalent de la consommation électrique d’une ville comme Brest qui part dans le réseau ! C’est même la production de deux centrales nucléaires à l’échelle de la France, soit 2.400 MWh.

Investissements par millions

Côté production - stable à 3,1 TWh en 2016 -, la Bretagne investit massivement pour gagner en autonomie. En 2016, cela représentait 65 M€ pour RTE. Et les projets sont nombreux : 120 M€ pour une liaison souterraine nord-sud sécurisée entre Saint-Brieuc et Lorient (mise en service cet automne), 200 M€ en baie de Saint-Brieuc pour un parc éolien offshore posé en 2022, encore 35 M€ pour un autre parc (flottant celui-là) au large de Groix et Belle-Ile à horizon 2020, etc. Le potentiel hydrolien n’est quant à lui pas encore chiffré.
L’éolien constitue aujourd’hui « la part la plus importante du parc de production électrique en Bretagne », selon RTE qui l’évalue à 40 % des capacités installées, dépassant de peu le thermique-fossile (37,5 %). L’hydraulique arrive en troisième position à 12 % (barrage de la Rance). Un équilibre qui risque de perdurer, malgré la volonté politique de booster la part d’énergies renouvelables, puisque le potentiel de la future centrale combiné-gaz de Landivisiau (comptabilisée en thermique) équivaut à celui de l’éolien en mer, autour de 450-500 MW chacun.

Un équilibre fragile

À la lecture du bilan annuel de RTE, on mesure bien la fragilité du modèle breton. Une année « sans » et la production éolienne chute par exemple de 10,5 %, comme en 2016. La Bretagne affiche aussi des rendements plus faibles que la moyenne française en éolien (facteur de charge moyen de 19 % contre 21,8 %) et solaire (12,2 % contre 14,4 %).

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