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En utilisant un nouveau procédé de fabrication, Cristalens va doubler la production de ses implants oculaires
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En utilisant un nouveau procédé de fabrication, Cristalens va doubler la production de ses implants oculaires

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Le fabricant d’implants intra-oculaires costarmoricain Cristalens développe un nouveau process de fabrication de ses produits, par moulage. Le nouveau process, plus rapide et automatisé, doublera la production de la PME bretonne à l’horizon 2031.

Denis Delage (en blouse bleue), président de Cristalens Industrie, a fait visiter le 26 novembre l’entreprise basée à Lannion au préfet de région Bretagne, Amaury de Saint-Quentin (à droite), au président de Lannion Trégor Communauté, Gervais Egault (au centre) et au président de la Région, Loïg Chesnay-Girard — Photo : Matthieu Leman

La PME Cristalens Industrie (160 salariés, 18 M€ de CA en 2024, 20 M€ attendus en 2025), fabricant costarmoricain d’implants (lentilles) intra-oculaires qui remplacent le cristallin après une opération de la cataracte, va plus que doubler sa production d’ici 2031, qui est actuellement de 400 000 pièces par an et qui devrait atteindre 1 million d’unités par an.

Un budget de développement de 5 millions d’euros

Pour cela, l’entreprise basée à Lannion développe un process de fabrication des implants par moulage, alors que les implants sont aujourd’hui produits par usinage. Le développement est long : la machine testée actuellement ne pourra commencer à produire qu’à l’horizon 2030 - 2031, lorsque le procédé de fabrication sera parfaitement établi. Et lorsque les produits qui en sortiront recevront leur certification. Pour ce développement, la PME va recevoir une avance remboursable de 500 000 euros, en deux versements, de la Région Bretagne et de l’État au titre de France 2030. Le budget global de développement s’élève à 5 millions d’euros.

Les avantages à produire par moulage

Ce nouveau process par moulage, maîtrisé par peu d’acteurs, présente plusieurs avantages. Il permet de produire plus rapidement que la méthode de fabrication actuelle, qui comporte plusieurs étapes d’usinage. Entre le début et la fin du process, la fabrication par usinage nécessite six semaines.

Automatisé, le nouveau procédé de fabrication réduira par ailleurs le taux actuel de non-conformité de 30 % des implants, dont les étapes de fabrication sont majoritairement réalisées à la main. "Sur ces 30 %, 10 % sont des rejets fonctionnels (exemple, un problème de correction de la lentille, NDLR). Tout le reste concerne des défauts cosmétiques, comme de micro-rayures", indique Denis Delage, président de Cristalens Industrie, la branche production du groupe qui comprend également Cristalens Distribution (Paris ; commercialisation des produits) et Cristablank (Strasbourg ; fabrication de la matière première de l’implant).

Le nouveau process permettra enfin une réduction des coûts liés à la matière première de 50 %.

Des implants permettant de voir à toutes les distances

Ce process traditionnel va pourtant continuer à être utilisé pour les implants les plus techniques, ceux dont Cristalens s’est fait une spécialité et qui lui permettent d’être un acteur reconnu du secteur au milieu des géants comme Alcon ou Johnson & Johnson. Ces implants, en plus de remplacer le cristallin, réalisent également les corrections de la vue nécessaires à la personne opérée. C’est le cas de l’implant breveté Symbiose, qui assure une vision nette et continue à toutes les distances.

Un hôpital en Inde réalise autant d’opérations que la France entière

La fabrication par moulage concernera uniquement les implants monofocaux. Des produits que certains pays comme l’Inde fabriquent pourtant à des coûts inférieurs à ceux des pays occidentaux. En raison des coûts salariaux, mais aussi d’un marché intérieur immense. "Un hôpital indien, particulièrement grand, réalise à lui seul 1 million d’opérations de la cataracte par an, soit autant que dans l’ensemble de la France", relève Denis Delage.

Pénétrer de nouveaux marchés à l’export

Alors pourquoi Cristalens Industrie continue-t-il et investit-il dans la fabrication de ces implants ? "Nous avons essayé de limiter notre production à nos produits premium, mais nous ne pouvons pas le faire. Les chirurgiens, qui sont les premiers prescripteurs, veulent qu’on leur propose une gamme complète, qui s’adapte à tout type de patients", affirme le dirigeant. En outre, Cristalens, qui exporte déjà des implants vers une soixantaine de marchés étrangers (55 % du CA), pourra également pénétrer plus facilement des pays sensibles au positionnement prix, comme la Chine ou l’Amérique Latine.

Denis Delage (au premier plan), président de Cristalens Industrie, a fait visiter l’entreprise basée à Lannion au préfet de région Bretagne, Amaury de Saint-Quentin — Photo : Matthieu Leman

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