Sarthe
En plein essor, l’organisateur de transport ED-Trans vise les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires
Sarthe # Transport-logistique # Stratégie

En plein essor, l’organisateur de transport ED-Trans vise les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires

S'abonner

Installé au Mans, l’organisateur de transport ED-Trans atteint cette année un chiffre d’affaires de 75 millions d’euros. En croissance régulière à deux chiffres, le groupe, qui fusionne cette année ses deux sociétés en une seule, vise un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros en 2028, date à laquelle est prévue sa transmission.

Emmanuel Deret a créé ED-Trans en 2004. Le groupe compte 10 agences en France et emploie 108 personnes pour 75 millions d’euros de chiffre d’affaires — Photo : ED-Trans

Fondé il y a 21 ans, le groupe sarthois ED-Trans, qui assure l’organisation de transports dans le monde entier pour le compte d’industriels et de commerçants avait repris en 2017 l’entreprise NTL France, à Nantes (Loire-Atlantique). Jusqu’ici, les deux entités avaient conservé leur identité. Elles sont désormais réunies sous l’unique bannière d’ED-Trans, avec une nouvelle identité visuelle mise en place officiellement à partir du 1er octobre et la volonté de poursuivre le maillage du territoire national. Chaque année, le groupe enregistre une croissance à deux chiffres. De 59 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé en 2023, il est passé à 68 millions d’euros en 2024 et atteindra 75 millions d’euros cette. Avec dans le viseur l’objectif de parvenir à 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2028.

"Une fusion dans le sens de l’histoire"

Pour cela, ED-Trans, compte dix agences en France ED-Trans avec 108 collaborateurs représentant 14 nationalités différentes. Jusqu’ici, le groupe sarthois, spécialisé dans l’organisation de transport dans le monde entier, comptait sept agences sous son nom et trois sous celui de NTL France. "À l’époque, rappelle Emmanuel Deret, président du groupe ED-Trans, NTL France réalisait 3 millions d’euros de chiffre d’affaires et elle était particulièrement spécialisée sur l’Europe du Nord. 7 ans plus tard, cette société atteint 28 millions d’euros de chiffre d’affaires et fait exactement le même métier qu’ED-Trans. Les deux sociétés sont jumelles, utilisant les mêmes outils et partageant les mêmes valeurs. Nous avons donc pris la décision d’effectuer cette fusion-absorption pour plus de cohérence. C’est aussi le sens de l’histoire."

Des implantations à venir

Il n’y aura donc plus désormais que des agences ED-Trans réparties dans l’Ouest (Le Mans, Rennes, Laval, Nantes) et ailleurs en France (Lyon, Besançon, Avignon, Strasbourg, Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines et Orthez, dans les Pyrénées-Atlantiques). Depuis sa création au Mans en 2004, ED-Trans s’est en effet renforcé avec de nouvelles implantations sur le territoire national. "Le plus souvent, précise Emmanuel Deret, nous ouvrons une agence car il y a des talents sur place qui veulent nous rejoindre. Nous démarrons avec 2 ou 3 chargés d’affaires, comme pour notre dernière implantation à Strasbourg début 2024. Cette agence a ouvert avec trois experts métier et elle emploie déjà six personnes."

Après Strasbourg, le groupe sarthois cible également d’autres villes pour continuer son maillage dans toute la France, potentiellement dans le Nord, à proximité de Lille, ou encore dans la région bordelaise. "Nous avons depuis 2014 une belle agence à Saint-Germain-en-Laye, complète le dirigeant, dans les Yvelines à l’ouest de Paris, et nous pourrions aussi nous positionner sur la partie est de la région parisienne, pour être plus proches des aéroports de Roissy et d’Orly."

Sur route, sur mer et dans les airs

Si le groupe sarthois s’est constitué initialement autour de l’organisation des transports routiers, il s’est étendu à d’autres domaines : "Nous sommes commissionnaires de transports mais également transitaires, explique Emmanuel Deret. Notre métier, c’est d’organiser le transport partout dans le monde pour le compte de nos clients, à plus de 90 % industriels et commerçants. Dans notre panel de services, nous avons le transport routier national et international, qui était notre premier métier, et nous avons développé depuis 10 ans les transports maritime et aérien, qui représentent 13 % de notre chiffre d’affaires global."

ED-Trans prévoit que cette branche d’activité, que l’on appelle Overseas, atteindra 20 % de son chiffre d’affaires en 2028. Pour continuer de monter en puissance dans ce domaine, l’entreprise intègre au Mans à partir de ce mois de septembre un nouveau collaborateur, qui a développé ce service dans un grand groupe de transport. Cette activité overseas est répartie sur deux pôles, au Mans et à Nantes, qui la gèrent pour l’ensemble des dix agences.

5 000 partenaires dans le monde

Si les clients du groupe manceau, installé dans un nouveau siège depuis juillet 2022, sont à 98 % français, son activité est résolument internationale pour presque trois quarts (72 %) de son chiffre d’affaires.

"Nous avons environ 2 500 clients dans le monde. Le plus important d’entre eux ne compte que pour que 4 % de notre chiffre d’affaires. Nous maîtrisons donc le risque client avec un portefeuille commercial très atomisé."

Avec un important portefeuille de clients, pour beaucoup des TPE et PME mais également de grands groupes donneurs d’ordres, l’industrie représentant 65 à 70 % de l’activité, et le commerce environ 35 %. "La stratégie de départ, il y a 21 ans, était de ne dépendre de personne, explique Emmanuel Deret. Nous avons plus de 5 000 partenaires de transport dans le monde et environ 2 500 clients. Le plus important d’entre eux ne compte que pour que 4 % de notre chiffre d’affaires. Nous maîtrisons donc le risque client avec un portefeuille commercial très atomisé." Au total, ED-Trans gère annuellement plus de 90 000 dossiers de transport.

Le groupe compte aussi des clients transporteurs, y compris de grands acteurs du secteur, qui font appel à ses services. Il possède une flotte de camions mise à disposition de ses clients mais il n’emploie pas de chauffeurs. Ces véhicules sont estampillés NDL France ou ED-Trans et rouleront désormais sous la nouvelle et unique identité de marque.

Tous secteurs d’activité

Pour ses clients, ED-Trans organise donc des transports dans le monde entier, en optimisant les flux, allant de l’industrie à la pharmacie en passant par l’agroalimentaire, hormis le frais, mais aussi les piscines, les matières dangereuses, les transports urgents ou encore les convois exceptionnels.

La prestation est facturée au client et une partie est reversée au partenaire transporteur. "Une de nos forces est d’avoir la qualification full OEA, opérateur économique agréé, précise Emmanuel Deret. Nous pouvons gérer les douanes en interne, pour le grand export et le grand import, avec le statut de RDE (représentant de douane enregistré, NDLR), et peu de commissionnaires le font. Nous avons par ailleurs une concurrence constituée de petites sociétés, qui n’ont souvent qu’une agence, ou de grands groupes de messageries pour qui l’organisation de transport est une partie de l’activité. Nous nous démarquons parce que c’est notre spécialité."

Une succession programmée

Cette spécialité et cette spécificité, l’entreprise mancelle entend bien les mettre en avant encore longtemps. Emmanuel Deret, qui aura 60 ans en 2028, a entamé un processus de cession il y a déjà trois ans pour passer le relais : "Je veux continuer de faire écrire l’histoire de l’entreprise par les cadres-dirigeants, indique-t-il. Quatre d’entre eux sont entré au capital et je leur cède des parts chaque année sur environ 8 ans. Fin 2028 je ne serai alors plus président mais je conserverai 18 % de l’entreprise en tant qu’actionnaire passif."

Emmanuel Deret a entamé un processus de transmission d’ED-Trans pour fin 2028 avec quatre cadres dirigeants. De gauche à droite : Fabrice Demossier, Anne Cousin, Emmanuel Deret, Cécile Jacquemin et Erwan Moyon — Photo : ED-Trans

Il y a trois ans, ED-Trans, avait aussi lancé une ouverture de capital à ses salariés, qui s’est concrétisée en 2024, une quarantaine d’entre eux ayant acquis 6,2 % des parts. Le processus suit son cours et en 2028, ce sont donc quatre cadres-dirigeants, détenant à parts égales environ 76 % du groupe, qui reprendront les rênes d’ED-Trans : Cécile Jacquemin, Erwan Moyon, Fabrice Demossier et Anne Cousin. Cette dernière était déjà aux côtés d’Emmanuel Deret en 2004 lors de la création de l’entreprise et assure aujourd’hui la direction du site manceau.

"D’ici fin 2028, affirme Emmanuel Deret, il y a encore de beaux projets de développement à venir car nous voulons continuer la croissance organique. Nous sommes très en veille sur les quelques régions où nous voulons encore nous développer et planter notre drapeau. Nous n’avons pas d’implantation ailleurs qu’en France, et ce n’est pas dans les tuyaux pour les années à venir. Mais peut-être mes successeurs auront-ils l’envie d’implanter des agences à l’étranger, comme au Luxembourg, en Belgique ou en Allemagne." L’histoire reste à écrire

Sarthe # Transport-logistique # Stratégie # ETI