Emulsia : En quête urgente de repreneurs
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Emulsia : En quête urgente de repreneurs

Cosmétique Le fabricant sous-traitant de produits cosmétiques à Soultz, placé en liquidation judiciaire, a jusqu'au 9septembre pour trouver d'éventuels repreneurs. L'entreprise fait face à une insuffisance de fonds pour honorer les commandes et à la perte d'un gros client.

C'est une deuxième déclaration de cessation de paiement pour Emulsia. En 2009, elle a été suivie d'un redressement judiciaire. En juillet dernier, le tribunal de commerce de Paris a, cette fois, prononcé la liquidation judiciaire avec poursuite d'activité jusqu'au 30septembre. Les repreneurs potentiels avaient jusqu'au 9septembre pour déposer leur candidature. Le tribunal tranchera à la fin du mois. La période estivale n'est pas la plus propice, mais les dirigeants posséderaient tout de même des pistes. «Nous avons plusieurs clients intéressés, notamment un laboratoire et un bureau d'études», indique Yves Augeix, le directeur général de l'entreprise.




Une restructuration en 2009

Emulsia emploie 51 salariés et une vingtaine d'intérimaires. Son carnet de commandes s'élève à 2,1millions d'euros et elle prévoit cette année d'atteindre un chiffre d'affaires de 6,5millions d'euros. L'entreprise a réalisé des économies en fermant son site de Grasse, dans les Alpes Maritimes en 2009 pour regrouper toute la production à Soultz. Elle est parvenue à réduire son déséquilibre financier. De 4millions d'euros de pertes en 2009 pour un chiffre d'affaires de 12millions d'euros, la société est passée en 2010 à une perte de 450.000euros pour un chiffre d'affaires de 5millions d'euros. Mais dès que le carnet de commandes s'est étoffé à partir de mai dernier, Emulsia s'est trouvée dans une impasse financière.




Dans l'incapacité de financer sa croissance

«Comme notre trésorerie était déjà tendue, dès que le chiffre d'affaire a progressé, nous nous sommes retrouvés dans l'incapacité d'acheter les composants nous permettant d'assurer les commandes de nos clients», explique Christian Charrier, le P-dg de l'entreprise. Des difficultés financières accrues par le plan de continuation qui s'applique à l'entreprise depuis octobre2010. Ce plan impose à la société de payer tous les articles de ses fournisseurs à la commande. En revanche, ses clients ne paient qu'à 60 jours. «Dans l'industrie, quand vous êtes en plan de continuation, vous êtes marqué du sceau de l'infamie», regrette Christian Charrier.




Face à l'immobilisme du monde bancaire

Le dirigeant n'a pourtant pas baissé les bras. En novembre2010, il a cherché à lever des fonds par une opération de lease-back sur les bâtiments de l'entreprise avec Alsabail, la Caisse d'Épargne et la Banque Populaire. «Alsabail nous a donné un accord oral, la Banque Populaire a fait part d'un accord de principe, mais rien n'est sorti en six mois», déplore le P-dg. D'une surface de 10.000m², les bâtiments ont été évalués à 2,8millions d'euros. «Mon objectif était de lever 2,2millions d'euros. Cette somme nous aurait permis de rembourser notre passif, de 1,6million d'euros. Et le différentiel, soit 600.000euros, nous aurait permis d'assurer notre croissance», explique Christian Charrier. Mais devant l'immobilisme des banques et la décision de Sanofi, son plus gros client, d'une rupture de contrat, annoncée en mai dernier, le P-dg a fini par jeter l'éponge. Le tribunal de commerce de Paris tranchera le 30septembre sur l'avenir d'Emulsia.

Emulsia



(Paris) P-dg: Christian Charrier 51 salariés Chiffre d'affaires 2010: 5millions d'euros 03 89 62 27 80

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