Pays de la Loire
Elengy engage 220 millions d'euros pour moderniser son terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne d'ici 2030
Pays de la Loire # Industrie # Investissement industriel

Elengy engage 220 millions d'euros pour moderniser son terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne d'ici 2030

Elengy, qui a réalisé 229 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025 et emploie entre 250 et 499 salariés, lance le chantier Ulysse. Ce programme de 220 millions d'euros doit renouveler d'ici 2030 les installations de regazéification du terminal de Montoir-de-Bretagne, en Loire-Atlantique.

— Photo : Ian Panelo / Pexels - Photo d'illustration

L'exploitant de terminaux méthaniers Elengy a annoncé le 24 septembre le lancement du chantier Ulysse sur son site de Montoir-de-Bretagne, dans l'estuaire de la Loire. L'opération porte sur le remplacement des équipements qui transforment le gaz naturel liquéfié en gaz injectable dans le réseau national. Elle vise à prolonger la durée d'exploitation d'une installation mise en service en 1980 et à en réduire les émissions directes de dioxyde de carbone. Le terminal restera en activité pendant toute la durée des travaux.

Deux unités de regazéification à l'eau de Loire

Le terminal reçoit du gaz naturel liquéfié acheminé par navire à moins de 160 degrés. Les installations le ramènent à l'état gazeux avant injection dans le réseau national. Ulysse prévoit le remplacement des regazéifieurs à combustion par deux nouvelles unités raccordées au système de pompage de la centrale électrique voisine de la SPEM (ENGIE). Celle-ci leur fournit de l'eau chaude lorsqu'elle est en activité, et de l'eau de Loire à température ambiante lorsqu'elle est à l'arrêt. Les équipements conservés feront l'objet de travaux de rénovation.

Elengy chiffre le gain attendu à plus de 30 000 tonnes de dioxyde de carbone évitées par an. L'exploitant l'évalue à environ 80 % des émissions générées directement par le processus de regazéification. Rapporté à l'ensemble des gaz à effet de serre émis sur le site, le gain atteindrait environ 45 %, selon le communiqué.

Un budget cible fixé par le régulateur

Le terminal de Montoir est une infrastructure régulée. Ses recettes proviennent d'un tarif d'accès arrêté par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) et acquitté par les expéditeurs de gaz. Le 16 janvier 2025, le régulateur a fixé à 220,1 millions d'euros le budget cible d'Ulysse, après audit du budget prévisionnel transmis par Elengy. Cette décision s'inscrit dans le dispositif de régulation incitative prévu par le tarif d'accès aux terminaux méthaniers.

La même série de délibérations a relevé de 33,6 % le tarif moyen de Montoir au 1er avril 2025, à 1,01 euro par mégawattheure. La CRE justifiait alors cette hausse par un effort de maintenance accru et par les investissements de rénovation du site. La durée maximale d'amortissement des actifs neufs du terminal a par ailleurs été ramenée de quarante à vingt ans.

Un chantier de 170 intervenants jusqu'en 2030

Les travaux courront jusqu'en 2030 sans interruption de l'exploitation, indique le communiqué. À son pic d'activité, le chantier réunira jusqu'à 170 intervenants sur le site. Elengy n'a pas précisé la répartition de ces effectifs entre salariés et entreprises prestataires.

L'exploitant adosse la dépense à l'ancienneté et au poids du site dans l'approvisionnement français. Le terminal a par ailleurs reçu plus de 3 000 navires méthaniers depuis sa mise en service. Sa capacité de regazéification commercialisée atteint 10 milliards de mètres cubes de gaz par an. Lors des tensions d'approvisionnement européennes, elle a couvert plus d'un quart de la consommation gazière annuelle française, selon Elengy.

Nommée directrice générale en janvier 2026, Géraldine Brissiaud justifie l'engagement financier par le rôle du terminal dans le système énergétique national : « Avec ULYSSE, nous faisons le choix d'investir massivement dans l'avenir de Montoir. Cet investissement témoigne de notre confiance dans ce site, dans ses équipes et dans son rôle stratégique pour la France. »

Pays de la Loire # Industrie # Investissement industriel