L'année 2015 sera décisive pour la société Ekolis basée à Châteaugiron depuis sa création en octobre 2013. Son chiffre d'affaires doit doubler cette année pour tutoyer le million d'euros mais surtout atteindre son point mort. À cinq ans, les perspectives sont encore du double, avec une dizaine de salariés contre cinq salariés actuellement, sans compter le fondateur Guillaume Perdu. « À cinq ans, l'ambition d'Ekolis, ce sont 10.000 véhicules équipés », confie-t-il misant sur un marché hexagonal de 360.000 véhicules. Aujourd'hui, sa société compte six clients, des entreprises et groupes de transport de marchandises pour l'essentiel dont Malherbe, Lahaye et le plus loin à Montelimar. Car elle leur fournit une solution redoutable : un suivi d'informations précises concernant leurs remorques, semi-remorques et autres ensembles routiers. « Il y a un enjeu majeur autour de la collecte de données et du partage de cette information pour optimiser leur parc et allouer les moyens aux bons endroits », insiste Guillaume Perdu qui, à 42 ans, a fait du transport de l'information sa spécialité après 12 ans passés au siège européen de Bridgeston à Bruxelles.
Optimiser l'entretien
Actuellement, selon l'entrepreneur rennais, les transporteurs routiers se soucient davantage de leurs tracteurs que de ce qui est attelé derrière. À tort ! « Le tracteur est une source de coûts ; la remorque, c'est la valeur ajoutée, leur centre de profit. » Après 18 mois de R & D, il a donc conçu un boîtier communicant (fournit par son partenaire Kerlink), autonome trois ans en énergie. Hormis la position GPS (un minimum), ce tracker fournit, à partir de 20 € par véhicule et par mois, le kilométrage effectué pour anticiper la maintenance, le ratio d'utilisation pour l'exploitation, des infos techniques sur le circuit électrique, le freinage... On imagine aisément les futures options qui pourront s'y greffer. Guillaume Perdu vient de sortir une nouvelle innovation maison : un capteur de pression des pneus intégré dans les bouchons des pneumatiques. Ce produit 100 % breton, moulé chez I2P et assemblé par Europrocess à Lannion, remonte toutes les 30 secondes l'information au gestionnaire de la flotte. « Nous l'aidons à prendre les bonnes décisions avec une solution simple à mettre en oeuvre, peu coûteuse et efficace : du consommable », argumente-t-il mettant en avant le coût d'entretien pneumatique de 500.000 € pour 500 remorques, soit 3.000 roues, et 1.500 € celui du dépannage pour changer une roue sur autoroute.
Proche de la domotique B to B
Sans en dévoiler davantage, Guillaume Perdu travaille aussi à une solution antivol qu'il espère pour cette année. Son métier va de plus en plus s'apparenter à la domotique pour camions, de l'information donnée à la mobilité. « Nos clients nous font évoluer. » Épaulé par Bpifrance, lauréat du Réseau Entreprendre (prêt d'honneur de 35 K€) et membre du pole Id4Car, il n'exclut pas une levée de fonds.
Géry Bertrande
Électronique À Châteaugiron, Guillaume Perdu a mis au point un bouchon communicant, relais d'informations cruciales sur les remorques de poids lourds.