À l'origine, les éditions Jeanne Laffitte se sont positionnées sur la réédition de livres anciens. Dans les années 1980, l'entreprise a élargi ses activités à l'édition de livres consacrés au patrimoine, aux Beaux-arts ou à la région marseillaise. Plus de 2.000 titres ont ainsi été produits, retraçant notamment l'histoire de Marseille, des Marseillais, de la Provence, mais aussi de toutes les régions françaises. Parallèlement, en 1979, le restaurant des Arcenaulx a vu le jour, sur le cours d'Estienne d'Orves, alliant librairie et restauration. «On nous a longtemps davantage considérés comme un lieu différent et décalé que comme des pros de la restauration. Nous réalisons pourtant près de 500.000 couverts par an et le chiffre d'affaires, de près d'1,6M€, du restaurant est en progression constante», rappelle Jeanne Laffitte.
Un manque de libraires indépendants
Côté édition, cette spécialiste du livre ancien et du reprint regrette la disparition de cette activité. «La numérisation a tué le livre ancien. Nous avons arrêté cet aspect de nos publications en 1995. Mais l'édition continue et nous publions une dizaine d'ouvrages par an. Toutefois, être indépendant relève aujourd'hui du miracle. Il devient extrêmement difficile de distribuer les livres. La plupart des libraires sont tenus par des groupes de distribution nationaux qui couvrent 80% du marché et qui gèrent ce qui est vendu dans les magasins. Aujourd'hui, avec le développement des ventes par internet, quand un libraire ferme, il n'est plus remplacé. Les petits éditeurs n'ont plus de place ou de visibilité», explique-t-elle, en soulignant également la difficulté de réaliser des ouvrages sur le patrimoine ou les Beaux-arts. «Réaliser un ouvrage de qualité nécessite au moins une année de travail. C'est un processus coûteux qui est rendu encore plus fastidieux par la politique de l'image. Les règles sont absurdes. Quand un livre compte près de 200 images, cela devient un véritable enfer et les droits de publication sont parfois très élevés, alors que nous valorisons en local le patrimoine local. À l'époque de Google, il faut que les choses progressent...», poursuit-elle.
L'aventure de Jeanne Laffitte a commencé en 1968 dans la Cité phocéenne. À la fois libraire, éditrice et restauratrice, elle révèle de multiples facettes dont le dénominateur commun reste le livre imprimé.