EDF : La centrale charbon a cessé de produire
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EDF : La centrale charbon a cessé de produire

ENERGIE Le centre de production thermique de Blénod-lès-Pont-à-Mousson a arrêté sa dernière unité le 17 avril, après 46 années de fonctionnement. Le démantèlement de la centrale commencera dès le mois de septembre et durera une dizaine d'années.

L'opération a débuté par la « coupure des feux » : arrêt de l'alimentation en charbon, en vapeur, puis la chaudière a été découplée du réseau. Au final, des gestes courants, identiques à ceux connues des équipes lors des arrêts de tranches. Cinq à dix minutes dans le poste de conduite, une heure sur le terrain pour sécuriser des vannes. « Exactement comme pour un arrêt de tranche classique », souligne Pascal Ambos, le directeur du centre de production thermique de Blénod-lès-Pont-à-Mousson. Sauf que le 17 avril dernier, ces « actes courants » avaient une connotation exceptionnelle, puisque l'unité 4 du CPT ne redémarrera plus jamais. Conformément à l'accord signé en 2009, portant sur la modernisation du parc thermique à flamme, la centrale thermique de Blénod, mastodonte dans le paysage lorrain, a cessé de produire de l'électricité.




Evolution réglementaire

En 2015, c'est la centrale de La Maxe, en Moselle, qui s'arrêtera aussi définitivement. « La centrale n'était plus capable de suivre l'évolution réglementaire sur l'environnement », souligne Pascal Ambos. « Nous avons fonctionné sur un système dérogatoire, qui nous permettait de produire pendant 20.000 heures par an ».




Le gaz après le charbon

D'autres centrales à charbon continueront à fonctionner en France : ainsi, les sites de Cordemais, près de Nantes ou encore du Havre vont bénéficier d'investissements pour prolonger leur durée de vie jusqu'en 2035. A Blénod, après 46 années de fonctionnement, les unités au charbon ont donc cédé la place au gaz. A quelques centaines de mètres de la centrale à charbon, c'est un cyle combiné gaz d'une puissance de 430 MW, mis en service en 2011, qui a déjà pris le relais et permet de réduire de 90% les émissions de dioxyde de soufre et de 80% les émissions d'oxyde d'azote. EDF a injecté 350 M€ dans ce chantier. La fin du charbon n'implique pas pour auatnt que les équipes d'EDF vont délaisser la centrale : le démantèlement des équipements va débuter dès le mois de septembre. « L'objectif, c'est de rendre un terrain sur lequel on puisse jouer à la pétanque », illustre Pascal Ambos. Mais avant de pouvoir en arriver là, il faudra dépenser entre 20 et 30 M€ dans un démantélement qui s'étalera sur une dizaine d'années. Après l'arrêt, il a fallu attendre une dizaine de jour pour que les installations les plus sensibles passent de 350ºC à 50ºC. Puis les hommes d'EDF se sont attelés à enlever l'intégralité des fluides, à déconnecter les armoires électriques, à purger les circuits contenant de l'hydrogèneo du fioul. Un processus désigné en interne sous le nom de « Passer la flamme » et qui devrait être achevé au 1er septembre, pour lancer la phase de démantélement proprement dite. D'ici là, l'ensemble des 230 agents employés par le CPT auront été recasés, pour l'essentiel vers le nucléaire et la centrale de Cattenom. « Ce site restera un site EDF », souligne Pascal Ambos. « La présence de l'eau, maintenant du gaz ainsi que les lignes à haute tension en font un site stratégique pour l'entreprise ». Dans le mix énergétique, impossible en effet de se passer d'équipement tel que le CCG de Blénod pour couvrir les points de consommation électrique.

EDF CPT Blénod



(Blénod-lès-Pont-à-Mousson) Energie produite : 3.123 milliard de GWh Effectif : 285

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