O
n vous présente comme l'expert national de l'écotaxe, pourquoi?
Parce que j'ai été chargé par le ministre (M. Bussereau) il y a deux ans de préparer les décrets d'application de la loi sur l'écotaxe, et ses répercussions.
Rappelez-nous comment est née cette idée d'écotaxe?
C'est une conséquence du Grenelle de l'environnement. Il a été convenu que les poids lourds empruntant le réseau routier gratuit seraient soumis à une redevance. La deuxième origine tient à l'histoire du réseau français. Quand on a privatisé les autoroutes, on s'est privé de la distribution des dividendes qui devaient alimenter le fonds d'investissement de transports. Fonds qui permettait à l'État d'investir dans les autres modes de transport.
Quand cette écotaxe entrera-t-elle en vigueur?
La mise en oeuvre est prévue pour mi-2013.
Combien devrait-elle rapporter?
Cette taxe devrait coûter aux transporteurs 1,2 à 1,3milliard d'euros par an. Une partie sera redistribuée aux collectivités locales dont les réseaux sont taxés, une autre au gestionnaire du système, à savoir celui qui contrôlera les déplacements des poids lourds (consortium Autostrade, ndlr) et enfin à l'État, qui devrait récupérer 800 à 900M€.
Quelles seront les répercussion pour un transporteur?
Il est compliqué de répondre à cette question. Cela dépend du type de poids lourd et de ses trajets. On estime le niveau de la taxe à 12 centimes du kilomètre, mais avec des réductions. Notamment pour la Bretagne, de l'ordre de 40%, en raison de son caractère périphérique du centre de l'Europe.
La Bretagne est-elle la seule bénéficiaire d'une réduction?
Aquitaine et Midi-Pyrénées devraient également obtenir une réduction, mais de l'ordre de 25%.
Cette taxe ne risque-t-elle pas de mettre à mal la compétitivité des entreprises de transport françaises?
Non parce que cette taxe s'appliquera à tous ceux qui emprunteront le même réseau. Y compris des autres pays européens. En réalité, le problème se pose sur l'impact du surcoût des transports sur les prix des produits transportés. Les professionnels sont inquiets. Et si les Bretons se sont battus, ce n'est pas un hasard.
En fonction du résultat de l'élection présidentielle en France cette taxe pourrait-elle ne pas voir le jour?
Je ne vois pas comment elle ne pourrait pas voir le jour. Le contrat de concession a été signé et ce sont des millions d'euros d'investissement déjà engagés.
Colloque le 7décembre
"La future écotaxe: un nouveau défi pour les transporteurs et les chargeurs", en présence de Claude Abraham, ancien haut fonctionnaire dans le domaine des transports. Mercredi 7décembre à Brest (9h, à l'ESC) et Rennes (18h, à l'ESC). Contact: 02 99 33 66 19 @email