Ils figurent parmi les survivants du photovoltaïque. Boostée par les mesures du Grenelle en 2007, la filière a été sinistrée, suite à la modification des conditions d'achat de l'électricité photovoltaïque décidée par le gouvernement dès mars 2011. Mais grâce à son organisation légère et à sa double activité: production d'électricité et vente de centrales solaires, Ecosun a résisté. Créée en 2008, l'entreprise haut-rhinoise s'est installée dans les locaux de l'entreprise de Hubert Fels, Les Chapiteaux du Rhin, à Hombourg, près de la frontière allemande. Ecosun comprend quatre associés et quatre agents commerciaux. Le groupe sous-traite la pose des panneaux et le raccordement au réseau électrique à plusieurs partenaires. Depuis quatre ans, il a créé neuf sociétés et gère cinq centrales solaires: à Hombourg, Chaumont, Cousances-les-Forges, Ebersheim et Brimont. Il s'agit de centrales au sol ou sur bâtiments, en zones industrielles. Ecosun propose ces bâtiments à la location pour les PME-PMI. «Ces locaux sont conformes à la RT 2012 et anticipent déjà la future réglementation carbone pour les industries. Grâce aux revenus liés à la production électrique, le loyer est rendu attractif. De plus, ils donnent une bonne image environnementale aux entreprises», fait remarquer Frédéric Rohmer, l'un des quatre associés du groupe. À côté de cette activité, Ecosun propose la vente de centrales solaires clé en main d'une puissance crête de 36 à 250kW. Le service comprend le suivi administratif, la maintenance et parfois l'aide au financement. Le groupe a déjà été sollicité par des investisseurs directs, en France et à l'étranger.
Diversification et projets à l'export
Depuis l'an dernier, Ecosun a mis en place une politique de développement à l'export. Après la création d'une filiale en Roumanie, le groupe prévoit d'y construire une centrale au sol. En parallèle, d'autres projets sont à l'étude sur le continent africain. «L'Afrique est bien adaptée à l'énergie photovoltaïque car c'est le continent du soleil. L'énergie est leur problématique nº1. Surtout que le pétrole est cher et qu'il va, de toute façon, falloir s'en passer. Aujourd'hui, en Afrique, nous garantissons un retour sur investissement sur 7 ans», affirme Jean-Michel Fuchs, l'un des associés du groupe. Ecosun doit s'adapter aux niveaux d'ensoleillement et aux politiques incitatives propres à chaque pays. Les dirigeants ont également un projet au Canada et réfléchissent à installer une centrale hydroélectrique en France. «Nous avons ciblé un certain nombre de sites ayant accès à l'eau. Notre coeur de métier reste le solaire, mais ce projet serait une voie de diversification», précise Frédéric Rohmer.
Optimiste pour l'avenir
Mieux vaut jouer la prudence, même si la PME haut-rhinoise croit en la relance d'une politique de soutien au photovoltaïque promise par le nouveau gouvernement. «Plutôt qu'un tarif de rachat de l'électricité élevé, il aurait fallu offrir un tarif intermédiaire pour permettre à la filière de se mettre en place de façon durable. En France, on a ouvert la brèche à du matériel asiatique», analyse Frédéric Rohmer. De son côté, le groupe de Hombourg a misé sur la qualité et la recyclabilité de ses panneaux photovoltaïques. Les approvisionnements de matériel photovoltaïque proviennent d'usines européennes partenaires, dont une alsacienne (Voltec Solar). Ecosun garantit une traçabilité et une performance de production sur 20 ans minimum. «En France, nous ne sommes qu'à 11% de production d'énergie verte, contre 35% en Allemagne. Nos voisins ont 20 ans d'avance par rapport à nous. Dans l'Hexagone, le solaire ne fait que démarrer», annonce Frédéric Rohmer.