«L'économie sociale et solidaire (ESS) n'est pas un acteur négligeable. Elle pèse en France 10% des emplois», rappelle Amélie Artis, enseignante-chercheuse à l'IEP de Grenoble et membre de l'équipe de socio-économie associative et coopérative (Eseac) dirigée par Danièle Demoustier. Ce laboratoire a mis en exergue la capacité des acteurs de l'ESS à se regrouper sur un projet économique. Ce modèle économique rassemble des associations, des coopératives et des mutuelles de tous les secteurs d'activités. «Du lever au coucher, l'ESS est partout», insiste la chercheuse. Ce secteur se caractérise en outre par une forte présence sur les marchés émergeants ou innovants. «C'est le cas du commerce équitable ou des énergies renouvelables, qui peuvent, par la suite, se faire récupérer.»
Approche territoriale
«Les acteurs de l'économie sociale et solidaire ont une vision plus territoriale que sectorielle de l'activité économique», avance Amélie Artis.
De sorte qu'ils ont aussi un rôle à jouer dans le développement local. C'est l'enjeu des pôles de coopération territoriaux, ainsi que les définit l'Eseac. «Ces pôles visent à regrouper des acteurs de l'ES
S sur un projet économique et à les amener à travailler ensemble», poursuit Amélie Artis. Ils en sont à leurs balbutiements. Elle souligne certaines initiatives locales comme Actis ou la Pousada à Grenoble, dont la première phase de rapprochement entre structures s'est traduite par une mutualisation des moyens immobiliers. Des initiatives privées, venant de la base, caractérisent ces projets. «Il ne suffit pas de mettre des gens ensemble pour qu'un collectif se crée», prévient Amélie Artis, qui conseille de s'appuyer sur les réseaux, le développement de ressources existantes, l'activation de ressources potentielles pour qu'émergent des initiatives communes.
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Réseaux. L'émergence de pôles de coopération territoriaux apparaît comme un axe de développement de l'économie sociale et solidaire.