Les intervenants de la table ronde, organisée moins d'une semaine avant l'annonce des arbitrages du grand emprunt, n'avaient pas été choisis par hasard. À Geispolsheim, autour du président de la République Nicolas Sarkozy, chacun représentait les secteurs identifiés par la commission Juppé-Rocard (également présents) sur le grand emprunt. À savoir l'enseignement supérieur (avec Alain Beretz, président de l'UdS), la recherche (Thomas Ebbesen, de l'isism, nanostructures ; et Valérie Lamour de l'IGBMC, génétique et biologie moléculaire), l'économie numérique (Patrick Hett, Kimoce), l'industrie (Marc Duval-Destin, PSA) et le développement durable (Freddy Rump, Rump Équipements). Ce sont, au final, les principaux secteurs bénéficiaires de ce grand emprunt de 35milliards d'euros.
L'université à l'honneur
«Nous suivrons dans les grandes lignes les recommandations de la commission», avait averti le président de la République devant un parterre de politiques et de chefs d'entreprises alsaciens, récusant toute idée de saupoudrage. Sans surprise, l'université a été mise à l'honneur. «Elle est un facteur de progrès économique et social», avait confié Alain Beretz, «c'est un investissement, pas une dépense». Entendu. 11milliards sont prévus pour l'enseignement supérieur et la formation. Et Strasbourg devrait avoir sa part du gâteau: «Nous mettrons les moyens pour les universités engagées dans une logique d'autonomie, y compris en dotation en capital», a assuré Nicolas Sarkozy. Toutes ses décisions sont dictées par l'idée obsessionnelle de rattraper le retard accumulé en France dans certains domaines: ainsi, 8milliards sont prévus pour la recherche, 4,5milliards pour l'économie numérique, 6,5milliards pour le soutien à l'industrie et aux PME et 5milliards pour le développement durable. Sans repartir avec des chèques, les intervenants sont au moins repartis avec la conviction d'avoir une carte à jouer dans le cadre de ce grand emprunt. Reste à savoir dans quelle mesure la région et ses différents secteurs d'activité seront bénéficiaires de ce plan. Car s'il se veut gage d'une plus grande efficacité, ce renoncement au saupoudrage pourrait aussi faire des malheureux.
En moins d'une semaine, le président et le Premier ministre se sont succédé en Alsace. Au menu: grand emprunt pour l'un, plan de relance pour l'autre.