Créée en 1927, Eclatec est de ces entreprises discrètes qui méritent que nous nous intéressions à elles. Basée à Maxéville, la société est spécialisée dans l'éclairage public et connaît un développement continu. «Les ingrédients de cette progression tiennent en deux points, analyse Vincent Carru, président d'Eclatec. Tout d'abord un fort développement dans les technologies Led.» Des technologies qui évoluent vite et qui ont pour objet de répondre aux préoccupations des collectivités territoriales en matière d'économie d'énergie. «Nous concevons tous nos produits Led ici. Et rencontrons un bon accueil du marché français.» En revanche, il est plus difficile pour Eclatec de toucher les pays limitrophes, car depuis deux-trois ans, le pouvoir d'achat des collectivités est en baisse. «La seconde raison de notre progression est notre forte politique d'innovation. Nos équipes sont reconnues.» Au point de décrocher un trophée régional de l'Inpi en 2009.
Trois nouveaux produits
C'est cette politique d'anticipation technologique qui permet à l'entreprise de poursuivre sa croissance. «Tous les ans, depuis 2005, nous sortons 4 à 5nouveaux produits. Ce mois de septembre, ce sont trois luminaires qui ont vu le jour.» Il s'agit de Tilt, un luminaire composé de 20ou 32Led; Moana, un luminaire fonctionnel et décoratif, et Texto qui se décline en versions Led et classique. «Il faut compter environ six mois de recherche pour sortir un produit. Nous avons la chance d'avoir des équipes extrêmement qualifiées, de bon niveau.» Ainsi, le service R & D s'attelle à développer les produits de demain, ceux permettant des économies d'énergie. D'autre part, Eclatec travaille de très près avec de grands designers du mobilier urbain: Jean-Michel Wilmotte («le plus grand cabinet d'architecte de France»), le cabinet Stoa (qui développe des luminaires pixel) ou encore «Monsieur Davy».
Éclairer juste
«La première économie vient d'une étude optimisée de la demande afin de mettre en oeuvre juste ce qu'il faut. Le but est donc bien d'éclairer juste. Ainsi, par exemple, la distribution spatiale du Led, c'est une boule. Nous avons cherché à ce que cette distribution épouse la chaussée.» Ce qui passe par la création d'une lentille ou d'un réflecteur. Sur Tilt, l'idée a été de faire baisser le nombre de pièces nécessaires à sa construction, d'avoir un appareil fluide, étanche, avec toutes les fonctionnalités (horloge astronomique, détecteur de mouvement...). «Il fallait également que nous puissions avoir une graduation de puissance. Tilt va de 350 à 700milliampères.»
Une aventure qui dure
Dans une ambiance détendue, les salariés d'Eclatec font donc le succès de cette entreprise qui a connu un développement continu jusqu'en 1970. «Nous fabriquions alors des luminaires, des projecteurs et des encastrés de sol. En 1970, décision a été prise de rationaliser l'organisation de l'entreprise.» Laquelle deviendra une filiale du groupe américain SLI. «Nous avons alors externalisé la fabrication.» L'entreprise poursuivant la conception et l'assemblage de nouveaux produits. Redevenue indépendante en 2001, Eclatec devient partie intégrante de GHM, une entreprise de Haute-Marne spécialisée dans la fabrication de supports d'éclairage et de mobilier urbain. «Eclatec fabrique la tête et GHM le reste.»
Réintégrer la fabrication
L'arrivée
de GHM marque bien l'envie de réintégrer la fabrication au sein du groupe. D'autres éléments vont dans ce sens. «En 2004, nous avons créé dans les Vosges, à Mirecourt, une filiale: Metalec. Elle est spécialisée dans la métallerie légère et l'assemblage électrique.» Metalec, qui compte 25salariés et une vingtaine d'intérimaires, va connaître une nouvelle étape, le groupe venant d'investir 2M€ dans l'achat de 8.000m² de terrains et de 5.000m² de bâtiments à proximité. «Cela va nous permettre de poursuivre notre développement, tout en intégrant la fabrication de nos produits.»
De l'importance du personnel
Un beau retour en arrière pour Vincent Carru qui souligne que rien ne se ferait sans le personnel. «Nous avons la chance d'avoir des gens motivés, fiers de leur société, de leur métier et contents de participer à l'embellissement des villes.» Que cela soit en France ou à l'étranger comme à Rome où Eclatec a un contrat d'une dizaine d'années portant sur la création de 100.000luminaires. «Soit un luminaire pour deux Nancéiens!»
Eclatec
(Maxéville) Effectif: 132personnes+40intéri-maires CA 2009: 39M€ Résultat après impôt: 2M€ www.eclatec.com