«Si nous n'avions pas évolué, nous serions morts dès le début 2009.» Miguel Fernandez dirige EASI à Seyssinet-Pariset, une scop de sous-traitance industrielle tournée, avant 2009 vers les industries automobile et du bâtiment. Dès la baisse des commandes amorcée mi-2008, le dirigeant décide d'élargir les compétences de l'entreprise. Il a commencé par multiplié par dix les actions de formation à tous les échelons, soit 15% du chiffre d'affaires sur un an, sachant que EASI est une entreprise adaptée employant majoritairement des salariés handicapés. Mais l'évolution des compétences ne suffisant pas, il veut «aller plus loin et intégrer une activité en marge du coeur de métier». Il en ressort quatre axes de diversification. La réalisation de faisceau de câblage électronique reste proche du métier d'origine mais permet de faire évoluer des opérateurs qui deviennent monteurs câbleurs. EASI se lance aussi dans l'ingénierie industrielle: «Cela reste complètement dans notre coeur de métier, mais un échelon au-dessus. Nous proposons à nos clients de concevoir les machines nécessaires à leurs productions.»
Nouveaux métiers
Un troisième axe apparaît, par le hasard des rencontres: EASI devient partenaire de la société Poster print qui fabrique des masques et pochoirs pour la gravure sur tous supports. «Nous avons repris la partie fabrication pour permettre à Poster print de se concentrer sur la commercialisation et ainsi assurer son développement», explique Miguel Fernandez. Mais le dernier axe de développement imaginé par EASI est certainement le plus inattendu. La société se lance dans la gestion électronique de documents (GED), «car le back-office est une charge sans valeur ajoutée dans une entreprise qui préfère l'externaliser pour se concentrer sur son coeur de métier». Ainsi, les salariés d'EASI ont été formés à la GED: numériser, classer, archiver, sécuriser, traiter papiers et documents en tous genres... Voilà ce qui devrait permettre à terme à EASI de «tordre le cou à cette fichue crise, en démultipliant les activités», tout en misant sur les compétences des salariés. D'ici à 2011, la GED devrait permettre l'embauche de trente personnes, avec un rééquilibrage du chiffre d'affaires à part égale entre les cinq activités de la société.
EASI a décidé de prendre la crise à bras-le-corps et de diversifier ses compétences, quitte à aborder de nouveaux métiers.