e2V : Les composants renouent avec les étoiles
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e2V : Les composants renouent avec les étoiles

Le fabricant de semi-conducteurs à haute fiabilité renoue avec la croissance après avoir opéré un plan social pour l'emploi.

«Pas un satellite ne vole sans un de nos composants à l'intérieur, qu'il s'agisse d'électronique ou d'imagerie.» Bruno Wirth, directeur général de la filiale française du groupe britannique e2V (Chelmsford, Angleterre, 1.500 salariés, CA2011: 370M$) insiste: les systèmes fabriqués à Saint-Égrève (composants, sous-systèmes ou services) sont hautement spécifiques, si bien que les fonctions critiques de tout ce qui vole (avions, fusées, satellites) sont dotées de composants e2V.




Des leaders mondiaux

Les activités de la filiale e2V se répartissent en deux grands secteurs: les semi-conducteurs et les imageurs pour les marchés aérospatiaux, de la défense, du médical, industriel et scientifique. Ses clients finaux sont des leaders mondiaux sur leurs marchés: Airbus et Boeing, Honeywell, Astrium, Cnes, XRD, Zeiss, Thales, RUAG, Dassault aviation, Eurofighter Typhoon, BAE systems, etc. De sorte que, si e2V réalise 70% de son chiffre d'affaires à l'international, les 30% restants sont aussi exportés par ses grands comptes français. «Nous touchons les marchés de très haute technologie mondiale, des marchés de qualité, de performance et de fiabilité», souligne le directeur. Mais en 2010, les semi-conducteurs ont à leur tour été frappés par la crise mondiale, à laquelle s'est ajoutée une transition technologique dans l'imagerie. En 2010, e2V s'est séparée d'un tiers de son effectif et a réalisé un plan de sauvegarde pour l'emploi de 142départs dont 125volontaires. «Nous avions besoin de réajustements stratégiques, de retrouver une efficacité», explique Bruno Wirth. Le mouvement s'est accompagné de l'essaimage de trois start-up: Pixalis, Device-Alab et Resolution spectra, qui emploient aujourd'hui plus d'une vingtaine de personnes. Sur le fond, l'entreprise s'est surtout recentrée sur le coeur de marché des années à venir et a fait le choix d'abandonner certaines de ses technologies. Elle s'est réorientée vers des marchés de bas volumes au détriment de marchés industriels ou automobiles, peu générateurs de retours sur investissement. La nouvelle stratégie de la filiale porte l'accent sur la R & D en technologie dite complementary metal oxyde (CMOS). Elle étaye sa recherche au travers de nombreux partenariats avec l'écosystème grenoblois, mais aussi nationaux et européens. Adhérente du pôle de compétitivité Minalogic, elle y poursuit actuellement deux projets. «Nous travaillons beaucoup avec le Centre national d'études spatiales (Cnes) et l'Agence spatiale européenne (Esa)», précise également le directeur du site. L'entreprise investit ainsi 6 à 7% de son chiffre d'affaires en R & D, mais également 4 à 5% en équipements industriels. Elle dépose une dizaine de brevets par an. Fortement présente à l'international et notamment aux États-Unis, elle cible également les marchés asiatiques en forte croissance. Parmi les produits phares d'e2V France, les convertisseurs "rapide et large bande" (ou BDC pour "broadband data converters") sont des circuits intégrés qui assurent l'interface entre le monde analogique et le monde numérique, sur des signaux à très haute fréquence. Les accélérateurs de particule, les appareils de radioastronomie, des oscilloscopes sont équipés de ces systèmes pour des applications spatiales, nautiques ou terrestres. Leur intérêt: un gain de poids, une faible consommation d'énergie, la rapidité de conversion des données et la résistance.




Jamais en panne!

L'entreprise est aussi leader mondial pour ses microprocesseurs «qui ne doivent jamais tomber en panne», que l'on retrouve dans les avions de chasse et dans tous les vols de la fusée Ariane depuis dix ans. Les composants ont une durée de vie de plus de 25 ans, facilement 75 ans. Et si les fabricants de wafers d'origine ont cessé les séries, e2V est capable de les reproduire. Par ailleurs, la division imagerie réalise des capteurs répondant aux critères spatiaux, mais aussi des capteurs pour la vision à très faible niveau de lumière. Depuis trois ans, l'entreprise s'est aussi lancée dans la conception et la réalisation d'un capteur d'imagerie numérique médicale dédié à la radiographie dentaire. Elle vient de produire le 10.000e en technologie CMOS et vise une production de 5.000pièces par an. Enfin, e2V a réalisé la caméra la plus rapide au monde: 16GB/s, soit l'équivalent de l'enregistrement de trois films vidéo par seconde. Très utile dans le contrôle. À partir de 2015, le fabricant de composants proposera sa nouvelle génération de capteurs d'images. La suivante est prévue pour 2020.

e2V



(Saint-Égrève) DG: Bruno Wirth Effectif: 320salariés CA2011: 100M€ 04 76 58 30 00 www.e2V.com

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