Et si la conjoncture était un activateur d'innovation. À Pluvigner, l'entreprise de bâtiment Doublier a choisi de prendre le contre-pied de la crise. « Nous avons commencé à deux avec mon frère David ». L'un est maçon, l'autre est plâtrier carreleur. En 2007-2008, le duo décide d'anticiper une période qui s'annonce difficile.
Diversification des compétences
« Nous avons investi ? dans les compétences en recrutant un électricien, un plombier puis un conducteur de travaux en 2013 ? 2014 et un charpentier l'an passé. Nous sommes ainsi devenus entreprise générale ». Les clients, à 80 % des particuliers, adhèrent à l'idée d'avoir un seul interlocuteur tout au long du chantier. Résultat : + 30 % de hausse du chiffre d'affaires lors du dernier exercice. Pas de quoi griser pour autant David et Philippe Doublier. Toujours en quête d'innovations, ils se sont laissés gagner par l'idée de leur plus jeune frère séduit par le projet d'une maison à moins de 100.000 euros. Dans le même temps, la croissance de l'entreprise les conduits à avoir de nouveaux besoins de bureaux. Leur choix se porte alors sur l'acquisition de containers. « Nous aurons grosso modo passé trois ans à mettre au point notre process. L'intérêt du container est multiple : économique, fiabilité et modularité. Sa mise en chantier est rapide. On l'estime à trois mois ».
1.000 ?/ m²
Côté prix, l'offre de Doublier se chiffre à 1.000 euros/m² « soit 30 % de moins que ce qui est pratiqué en moyenne sur le marché ». Modulant des containers de 6 ou 12 mètres, le constructeur décroche des certifications « au-delà des normes. Nous sommes en RT 2012 et nous travaillons pour être prêts pour la RT 2020, soit produire plus d'énergie que l'on en consomme. » Présenté sur le site de la société, le concept a enregistré quelque 3.500 vues en 15 jours. Dans le même temps les premiers chantiers ont été lancés. Deux réalisations ont été effectuées et deux autres sont en cours. « D'autres projets sont lancés. L'objectif est une dizaine de réalisations sur notre exercice qui nous amène jusqu'en septembre. » Tournée à 80 % vers une clientèle de particuliers pour ses réalisations traditionnelles, la maison container offre d'autres débouchés à Doublier.
Des débouchés nombreux
« Si on prend l'exemple de notre appartement témoin, qui fait 25 m², il est transportable sur plateau. Il est facile à installer et peut servir pour des situations d'urgence : catastrophes naturelles, arrivées de migrants, logements pour des SDF en période hivernale, etc. Les campings peuvent être intéressés mais aussi des personnes qui veulent louer une salle lors d'un événement, une extension de bureaux, ... L'export est aussi une possibilité. » Si demain, les carnets de commandes sur la construction à base de containers s'étoffent à plus grande échelle, les frères Doublier ont déjà des réponses. Ils pourraient industrialiser le process en ayant un site dédié voire même en créant une société à part entière. Sur la construction traditionnelle et au global, le dirigeant indique avoir un carnet de commandes correct. « Nous espérons stabiliser notre chiffre d'affaires. Nous avons beaucoup investi et là nous sommes dans une année de transition. »
Ségolène Mahias
L'enjeu Des bases solides et plusieurs cordes à son arc. Tels sont les piliers de l'entreprise Doublier, créée en 1999 à Pluvigner et passée de 2 à 25 salariés.
Devenue entreprise générale du bâtiment, elle a mis au point la maison container à moins de 100.000 euros.