Cinq siècles après leur création, et alors que se multiplient
les clusters, agences économiques, clubs d'entreprises, réseaux d'entrepreneurs
... les Chambres consulaires sont-elles encore utiles ?
Ne comptez pas sur moi pour vous dire, après 6 ans d'immersion au coeur de cette Chambre de Commerce, que notre institution ne sert à rien. Une CCI pour la juger il faut l'utiliser. Les chefs d'entreprises sont, j'en conviens, perdus dans un maquis de services, payants, gratuits, associatifs, syndicaux. Mais quand ils ont frappé à notre porte, ils reviennent.
Quelle sera votre légitimité dans cette élection avec une seule liste, et un taux de participation qui s'annonce faible ?
La légitimité, au-delà du vote, se construit. Mais c'est vrai que nous avons des difficultés à mobiliser sur ce vote. Notre budget pour faire campagne est de 50 centimes par ressortissant (60.000 ? de budget pour 108.000 entrepreneurs NDLR). Avec cela, difficile de mobiliser les foules.
Concrètement, vous aviez promis en janvier dernier en prenant les rênes de la nouvelle chambre consulaire métropolitaine de réaliser 3,7 millions d'euros d'économies. Avez-vous tenu votre engagement ?
Il le sera. Entre 2015 et 2017 nous avons perdu 12 millions d'euros de recettes fiscales, et 15 millions d'euros de fonds propres. Nous ne sommes pas encore à l'équilibre mais ce sera le cas en 2017, une fois le Musée des Tissus sorti de notre giron.
Quelles actions concrètes êtes vous fier d'avoir piloté durant ces dernières années ?
L'avancée - enfin ! - de l'A45. Mais aussi la remise sur pieds d'EMLyon, qui avait été chamboulée après le départ de Patrick Molle. Nous acterons en début d'année soit un agrandissement du Campus d'Ecully, soit un déménagement pour faire face à l'accroissement des étudiants. Nous avons aussi fait entendre notre voix dans le changement d'actionnaire de Aéroports-Lyon-Saint-Exupéry. Plus proches des entrepreneurs, nous avons renforcé nos actions de sensibilisation au numérique auprès des TPE, nous devenons une place reconnue de la franchise, Nous avons aussi permis sur ce mandat à 34.000 entrepises de se connecter entre elles, nous avons implanté à Lyon avec l'Insa l'Ecole Supérieure des Technologies et des Affaires, l'Esta, qui forme des profils d'ingénieurs-commerciaux très recherchés par les entreprises.
Quelle marque de votre passage dans la CCI aimeriez-vous laisser ?
Je ne suis pas obsédé par l'idée de laisser une trace dans l'Histoire. J'aime à croire que nous avons su prendre notre destin en main en réussissant la fusion de trois Chambres consulaires qui avaient toutes une culture et des histoires très différentes les unes des autres. Une fusion réalisée à l'unanimité de tous les élus en moins d'un an. Nous avons eu conscience que c'est en créant une CCI à l'échelle métropolitaine que les richesses seraient le mieux redistribuées sur les territoires. Nous avons, depuis janvier 2016, créé les fondations. J'ai accepté de me représenter à la tête de cette CCI pour les consolider.
Justement au sein de la CCI métropolitaine des voix se font entendre pour contester la gouvernance et la centralisation des pouvoirs à Lyon...
Nous avons fait ensemble le choix d'une CCI dirigée et non fédérale. Partant de ce principe, nous souhaitons que les élus stéphanois ou roannais se sentent pleinement investis de leurs missions sur leur territoire et qu'ils mènent des actions propres. Nous allons donc ajuster le modus operandi dans ce prochain mandat. Je souhaite que l'on élargisse les responsabilités et l'autonomie des territoires. Sans pour autant laisser chacun gérer un fief ou créer des donjons. Nous allons partir avec des hommes nouveaux, sur des espaces qui étaient tenus par des présidents très anciens, comme à Saint-Etienne ou Roanne par exemple, cela facilitera les choses.
Un point concret pour accélérer la croissance des entreprises ?
Continuer à réunir des PME travaillant pour un même secteur. Ce que nous avons fait avec RACE pour l'offshore, nous le porter de la même façon avec les PME de la filière équine.
Que comptez-vous améliorer dans votre prochain mandat ?
L'international essentiellement. Sur ce point, je ne peux pas me satisfaire de ce qui existe. Nos résultats ne sont pas bons. Le nombre d'exportateurs n'augmente pas malgré les moyens qui sont consacrés à cet enjeu. Ce qui a été fait avec l'attractivité à l'échelle de la Ville avec l'Aderly sous Raymond Barre, peut-être faut-il le faire dans l'autre sens pour accompagner nos PME à l'export. Enfin je constate et regrette que trop d'entreprises sont unipersonnelles. L'entreprise doit être une aventure collective. On va veiller à ce que ce message passe bien. Même si les porteurs de projet créent leur entreprise pour créer leur emploi. Nous allons réfléchir à des outils pour inciter à grouper les compétences pour ensuite aller plus loin et embaucher.
Propos recueillis par Audrey Henrion
Unique candidat (Medef-CGPME) à la CCI Métropolitaine Lyon Saint-Étienne Roanne, Emmanuel Imberton qui se succède à lui-même, conduit la liste "Unis pour l'entreprise". L'enjeu de son prochain mandat : prouver que cette instance reste utile à ses ressortissants.