Distillerie de Sigolsheim : Le casse-tête des factures
# Industrie # Investissement

Distillerie de Sigolsheim : Le casse-tête des factures

La distillerie coopérative Romann-Ramel à Sigolsheim, a investi ces deux dernières années pour faire baisser la facture présentée aux viticulteurs. Une facture apparue avec la réforme de l'OCM.

Depuis le 1eraoût 2008, date d'application de la réforme de l'organisation commune du marché (OCM), les viticulteurs doivent payer pour distiller les sous-produits de la vigne (marcs, lie-de-vin). En Alsace, ils paient 30euros la tonne de marc à la distillerie Romann-Ramel, la seule dans la région à pouvoir traiter ces sous-produits. Il s'agit d'une petite révolution puisqu'avant la réforme, le viticulteur était payé par la distillerie pour amener ses sous-produits! Il recevait 5euros à la tonne de marc. Le manque à gagner est donc de 35euros pour les producteurs. L'Union européenne a décidé de supprimer l'ancien système, entièrement basé sur des subventions. Les distilleries vendaient l'alcool contenu dans les sous-produits viticoles aux différents organismes d'intervention nationaux agissant pour le compte de l'Union européenne qui revendaient ensuite cet alcool à perte. La réforme de l'OCM a supprimé ce dispositif de prise en charge publique. Désormais, les distilleries doivent vendre elles-mêmes leurs alcools (utilisés pour l'industrie ou les biocarburants). D'où la facture des 30euros à la tonne de marc. «Et encore, nous avons obtenu ce prix car nous avons investi», précise Sylvain Pongi, le directeur de la distillerie de Sigolsheim.




Ouverture du capital aux viticulteurs

Cette filiale du groupe gardois Grap'Sud, a en effet anticipé la réforme européenne. Elle a investi 1,8million d'euros depuis 2008 afin de baisser ses coûts de production sur les marcs et d'améliorer sa qualité de production d'alcool à partir des lie-de-vin. «Meilleur on sera, meilleure sera la facture pour les viticulteurs», souligne Sylvain Pongi. La distillerie touche encore des subventions pour la transformation et le transport des marcs, et elle tente d'obtenir des aides locales. Afin de rester totalement transparente, elle souhaite également ouvrir son capital aux viticulteurs, à hauteur de 5 à 15%. Une réunion a lieu ce mois-ci avec le préfet et tous les acteurs de la filière viticole pour discuter de ce projet.

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