Dirigeants chrétiens : Quelle attitude face à la crise?
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Dirigeants chrétiens : Quelle attitude face à la crise?

Était-ce le sujet (la crise)? En tout cas le débat organisé à Nantes par les Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC) a attiré plus d'une centaine de personnes.

Les EDC étaient invités à réfléchir en mai sur le thème «le dirigeant chrétien face à la crise», à l'invitation de leur président Antoine Baudry, notaire à Nantes. Jean-Luc Castro, professeur d'éthique des affaires et de management à Audencia, a fait un utile rappel de ce que l'Église professe sur le rôle du dirigeant. Un rôle légitime conforté par l'enseignement de l'Église, mais assorti de principes forts. Tant au plan de l'organisation de l'entreprise ou de la société, que des mobiles intérieurs du dirigeant, la recherche du seul profit et de la domination ne peuvent constituer des objectifs. Les salariés devant être associés au partage des fruits de l'entreprise comme des décisions. Ainsi chacun peut croître humainement dans une communauté de vie épanouissante. Le dirigeant chrétien ne peut donc pas dissocier son activité économique de ses objectifs spirituels. Jean-Luc Castro estime qu' «à travers tous les effondrements idéologiques et toutes les crises, l'enseignement social de l'Église est le seul à n'avoir pas sombré. Les chrétiens ne sont pas pris au dépourvu; les principes sont là».




Comment accorder ses décisions avec sa foi?

Sur les principes, pas de souci. Pour la mise en oeuvre concrète les choses ne sont pas toujours aussi simples. Les décisions du dirigeant sont parfois difficiles à accorder avec sa foi. Bruno Hug de Larauze, P-dg de MTTM, est venu apporter son témoignage de chef d'entreprise. Pour lui, le dirigeant chrétien a pour responsabilité première de donner une vision à l'entreprise pour donner des repères internes. Très utile en période de crise quand tous les signaux sont brouillés. «C'est important d'aborder une crise par la pensée, pas seulement par l'action», indique l'entrepreneur nazairien. L'esprit d'équipe peut se construire autour de ces principes. Le dirigeant doit également être un entrepreneur, une attitude d'autant plus cruciale en période d'incertitudes. C'est là qu'il doit savoir prendre des risques. Enfin, pendant la crise le dirigeant ne doit pas se laisser submerger par la pression de l'immédiat; au contraire il doit ménager des plages dans son agenda pour se donner le temps d'écouter. Seul moyen de tenter de repérer les signaux faibles qui peuvent le guider. Il doit être un facteur de sérénité et de confiance.

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