L'an passé, la société ancenienne Dimos a lancé sur le marché quinze nouveaux produits. Enclume pour ardoisier, plieuse, cisaille, profileuse transportable : la PME familiale dirigée par Sébastien Goubaud a élargi un catalogue qui compte plusieurs milliers de produits utilisés par les couvreurs. « Peu importe les technologies et les matériaux utilisés : ce que l'on veut, c'est créer des outils et des équipements qui répondent aux besoins des couvreurs », fixe Sébastien Goubaud. Pour cela, Dimos s'organise autour de l'innovation produit. « Un tiers des 90 salariés de l'entreprise s'occupe de produits. La clé de la réussite, c'est notre proximité avec les couvreurs. On les écoute, on les accompagne sur les toits pour comprendre leurs problématiques. Par exemple, deux salariés sont venus un jour au bureau avec une idée et une valise en carton. C'est comme cela qu'on a lancé notre profileuse à tasseaux transportable », poursuit le dirigeant ancenien. Dimos entretient également dans cette optique des liens avec des écoles de couverture.
Le « problème » des idées
De l'observation des besoins et de séances de brainstorming naissent les idées. « Les idées, c'est presqu'un problème, parce qu'il y en a toujours trop. Sur mille idées, on va en retenir une dizaine et il y en a deux ou trois que nous allons réussir à transformer en véritable produit », explique Sébastien Goubaud. Cette sélection qui fait qu'on garde certaines idées et pas d'autres ne devrait rien au hasard. « Il y a des techniques, des outils. Ce qui est sûr, c'est que l'innovation, cela ne s'invente pas », appuie Sébastien Goubaud, qui préfère rester discret sur les secrets de fabrication de Dimos en la matière. « On a beaucoup investi dans le management de l'innovation. On a mis en place des systèmes de management des risques. C'est un peu comme un portefeuille boursier. Il faut laisser les gens prendre des risques, mais aussi réussir à gérer le risque », indique le dirigeant. Et ce, en prenant en compte la capacité de réactivité des concurrents. « Nos innovations, on les retrouve deux ou trois ans plus tard chez nos concurrents. À quoi cela sert-il de prendre des risques pour être copié ? C'est une vraie question... », s'interroge le dirigeant ligérien.
Ambitions en Europe
Quoi qu'il en soit, Sébastien Goubaud ne semble pas prêt à abandonner sa marque de fabrique. Et c'est en s'appuyant sur sa culture de l'innovation que Dimos cherche aujourd'hui à s'ouvrir aux marchés européens. « Nous menons actuellement un programme d'internationalisation de l'entreprise », avance prudemment Sébastien Goubaud. Ce projet doit permettre à la PME de se développer à l'heure où le marché du bâtiment souffre en France. « La période reste difficile. Mais on s'en sort pas trop mal. On reste rentable et on va continuer à investir dans l'innovation et à l'international. Notre volonté, c'est de poursuivre le développement », conclut Sébastien Goubaud.
Dimos
(Ancenis) P-dg : Sébastien Goubaud 90 salariés 17 M€ de CA en 2012 02 40 83 25 01