«Devant un tribunal, quinze jours après la cession...»
# Conjoncture

«Devant un tribunal, quinze jours après la cession...»

Repreneur d'une entreprise dans le secteur de la carrosserie industrielle, Thierry D.a connu une série d'avaries qui auraient pu le conduire à jeter l'éponge. «Quinze jours après la date de cession, l'entreprise était assignée devant un tribunal pour un problème de matériel. L'affaire était ancienne mais le cédant ne nous en avait soufflé mot. Aucune pièce ne figurait au dossier de l'entreprise car elle était traitée par l'assureur», raconte ce chef d'entreprise, sous couvert d'anonymat.




Sept ans pour remonter la pente!

À la clef, la perte d'un client important. Thierry D.tente de faire résilier la vente mais n'obtient qu'une réduction du prix... au bout de quatre ans et demi de procédure! Parallèlement, et malgré les affirmations du dirigeant précédent, plusieurs clients profitent du changement pour contester les prix. Troisième difficulté: Thierry D.vient du monde de la finance et non de celui de l'industrie. «Beaucoup se sont dit: c'est un financier. Il ne connaît rien au métier. Il va se planter!», résume l'intéressé. Résultat: l'entreprise perd 40% de sa clientèle. Il lui faudra sept ans pour remonter la pente.




Quatre enseignements

De cette expérience, Thierry D.a tiré une série d'enseignements. Avant la cession, faire réaliser des audits complets, y compris sur les assurances. Rester très prudent sur l'audit financier, la situation pouvant évoluer entre la clôture des comptes et la date effective de reprise. Avoir la capacité à prévenir les difficultés et jouer d'une totale transparence vis-à-vis de ses partenaires financiers. Ne pas engager la totalité de ses fonds propres dans une reprise pour se laisser une marge de manoeuvre. S'entourer d'un réseau de compétences pour sortir de la solitude du chef d'entreprise.

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