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Deux Alpes Loisirs investit pour remonter la pente de la rentabilité
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Deux Alpes Loisirs investit pour remonter la pente de la rentabilité

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Antoine Pirio, le nouveau directeur général de Deux Alpes Loisirs, filiale de Compagnie des Alpes, l'exploitant de la station iséroise éponyme, déploie une stratégie en trois temps pour redresser la fréquentation du domaine skiable.

Pour booster une fréquentation en légère érosion, la station des Deux Alpes, en Isère, investit pour changer de visage — Photo : Office de tourisme Les 2 Alpes - Bruno Longo

Elle est, selon un rapport de mai 2018 de la Cour des Comptes, l’une des stations les moins rentables de la chaîne alpine. Pourtant, Deux Alpes Loisirs (DAL), filiale depuis 2009 de Compagnie des Alpes, devrait avoir les moyens de remonter la pente. Antoine Pirio, nouvellement nommé directeur général de DAL, prend ses fonctions les poches pleines. L’exploitant de la station éponyme, qui s’étend sur la commune nouvelle des Deux Alpes et de Saint-Christophe-en-Oisans, en Isère, vient de percevoir une enveloppe de 12 millions d’euros. Ils sont destinés à transformer le visage de la station, ses 225 kilomètres de pistes et 55 remontées mécaniques. Une jolie manne, « le double des années précédentes », se réjouit le directeur général.

Photo : DR

Travailler la rentabilité

Un des challenges de cet ingénieur, passé par la sous-traitance automobile et cofondateur de la start-up Factoryz, est d'améliorer la rentabilité de la station. Et notamment son excédent brut opérationnel, pour atteindre l’objectif "groupe" fixé à 36 %. « Nos forces sont tournées vers cette performance », assure Antoine Pirio, à la tête de 450 salariés en saison et 150 permanents. En 2018, la station présentait un chiffre d’affaires de 39,5 M€, réalisé à 98 % grâce à la vente de forfaits, dont le prix jour est passé de 39 euros en 2009 à 51 euros en 2019. Au total, DAL enregistre 1,3 million de journées skieurs par an.

Optimiser les installations

Pour booster la fréquentation, la station va peu à peu changer de visage. L’installation de la Supertélécabine dite de « Pierregrosse », conçue par le suisse Bartholet, sera installée dans une zone du domaine jusqu’à présent non exploitée. Elle permettra d’accéder au pied du glacier, à 3 200 mètres d’altitude. Dans le même temps, les télésièges Lac Noir et Toura seront repositionnés sur zones de demande à la place du télésiège Super Venosc, où passent davantage de skieurs. « L’idée est de réduire le nombre d’installations mais de les rendre plus performantes et mieux implantées », indique Antoine Pirio, qui préconise d’élargir le domaine sans multiplier le nombre de remontées mécaniques.

Améliorer le taux d'inoccupation des lits

En parallèle, Deux Alpes Loisirs vise une clientèle plus internationale (Russie, Dubaï, Chine…), composée aujourd’hui essentiellement de Britanniques (à 37 %). Et cherche à résoudre le problème des logements pas ou peu occupés, appelés lits « froids », qui représentent aujourd'hui 50 % des 30 000 lits recensés dans la station. Pour ce faire, DAL va améliorer l’ergonomie de la plateforme de commercialisation et de réservation des hébergements, en créant un point d’entrée unique entre la station et l’Office de tourisme.

En plus de la légère érosion de la fréquentation, une difficulté paraît insurmontable : la dégradation des conditions d’enneigement. La période propice au ski d’été, praticable du 15 juin à fin août et qui représente 10 % du CA de DAL, est de plus en plus courte. « Ces deux dernières saisons, nous enneigions le glacier grâce à l’eau du lac d’altitude, lequel s’est vidé depuis. On ferme donc le ski d’été plus tôt, et, faute de neige, on n’ouvre plus à la Toussaint », se désole Antoine Pirio.

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