Design : Et la stratégie opérationnelle se dessine

Design : Et la stratégie opérationnelle se dessine

Le 2avril prochain, le design sera sous les feux de la rampe au Palais des Congrès à Lorient. Organisées par l'Institut culturel de Bretagne, les premières Rencontres du design en Bretagne ambitionnent de faire la lumière sur une discipline bien trop souvent cantonnée au domaine artistique pur et dur. Et pourtant, les professionnels du secteur ainsi que les entreprises converties se mobiliseront autour d'une problématique commune: le design, vecteur d'innovation et de compétitivité. Sans point d'interrogation. Dossier réalisé par Hélène Collet et Nicolas Mollé

«Un designer passe 60% de son temps au sein d'une entreprise à expliquer de quoi son intervention retourne avant d'en venir à la pratique même.» Un déficit de visibilité manifeste que les Rencontres du design en Bretagne, qui se tiendront le 2avril prochain au Palais des Congrès à Lorient, tenteront de corriger, selon Arnaud de La Monneraye, vice-président en charge du projet de l'Institut culturel de Bretagne, qui chapeaute l'événement. «L'objectif est de clarifier la notion d'une discipline multiforme qui s'immisce partout», poursuit le designer. Et d'égrener les domaines d'application: «design de produit, design d'espace, design graphique, design de marque, design virtuel». Autrement dit, un design utile qui accompagne les entreprises dans leur stratégie de développement et qui, par définition, «est créateur de valeur ajoutée en termes de chiffre d'affaires.» À Saint-Étienne, il existe par exemple une tradition du design sous l'angle de la création industrielle et même une Cité du Design ouverte depuis octobre dernier.




Design centré sur l'individu Contrairement à l'idée répandue, le designer n'est pas l'artiste centré sur ?l'accouchement? de son oeuvre. Il incarne un partenaire de plus en plus privilégié pour l'entreprise dont le but ultime est de satisfaire le consommateur. «Le designer consacre presque la moitié du temps de sa prestation à décanter l'univers de valeurs propre à l'entreprise», précise Daniel Neveux, gérant de l'agence de communication visuelle Domino Studios à Ploërmel. Tête chercheuse, il est aussi le faiseur de l'identité propre d'une entreprise ou de l'innovation qui la singularisera sur un marché local ou globalisé. Le designer travaille sur des contraintes fortes du marché: esthétisme, ergonomie, avec même désormais l'intégration de la problématique de développement durable. Mais aussi les coûts, en mettant au point une stratégie qui peut permettre de diminuer les prix de revient d'un produit. Un argument fort en période de crise. Dans la même problématique, Daniel Neveux lève le tabou autour du coût de ses services. «Il existe un design pour chaque budget. Sans renier la qualité du service.»

Design et culture

«Faire se rencontrer la culture bretonne et la culture en Bretagne sous le prisme du design». Pas de provocation militantiste derrière ce second axe mis en avant par Bernard Delhaye, président de l'ICB. Mais les clefs d'un ?design vecteur d'innovation et de compétitivité? qui intègre pleinement la problématique des entreprises, acteurs et cibles premières de cette journée. Outre la différenciation vis-à-vis de la concurrence locale sur des gammes de produits équivalentes, le design, c'est la création dans la tradition qui peut ouvrir les portes d'un avantage concurrentiel à l'international.