Si l'Europe était une entreprise... Ce serait sans doute une belle endormie à réveiller. Une société « en crise », aux dires même des eurodéputés à son chevet. Malgré ses 150 milliards d'euros de budget, quelque peu en baisse d'ailleurs, elle n'a jamais (pas encore) trouvé son modèle économique et encore moins sa rentabilité.
Un problème de communication ? Sans nul doute. D'abord entre ses 28 associés aux points de vue divergents et qui changent en permanence. « Il manque un chef, un leader charismatique, comme en entreprise », analyse Hervé Kermarrec, président des l’UE35. Mais aussi un souci de communication et de pédagogie vis à vis de l'extérieur, pour mieux « vendre » ce qui reste une puissance économique face à des concurrents comme l'Asie, les États-Unis... Actuellement au stade du redressement, l'entreprise Europe nourrit encore des espoirs mais il faudra être patient, voire centenaire. Le temps européen n'est pas celui de l'entreprise, fort heureusement d'ailleurs. C'est ce qui la sauve jusqu'à présent. La comparaison s'arrêtera là.
Voilà un cas d'école posé aux 150 entrepreneurs bretons emmenés par l'UE35 à Bruxelles au coeur des institutions européennes. Ces 18e rencontres économiques permettent à beaucoup de se rapprocher d'une Europe souvent très éloignée de leurs préoccupations quotidiennes. Quoique l'Europe peut parfois les inquiéter, comme ce dirigeant breton dont le chiffre d'affaires est menacé d'une chute de 60% par une nouvelle norme mise au vote la semaine prochaine. Beaucoup de membres de la délégation découvrent ces rouages et l'ampleur de la tâche à accomplir. « Edifiant...», selon ce créateur de start-up rennaise.
L'Europe est à un virage crucial. Euro-perplexes, les dirigeants bretons restent tout de même des Européens convaincus, comme le résume Hervé Kermarrec, président de l'UE35 : « La Bretagne est mon terroir, la France est ma patrie, l’Europe est mon avenir, le monde est mon horizon.» Peut-être faudrait-il finalement laisser des citoyens ubériser le modèle Europe...