« TopChair ? C'est un vieux projet, une idée qui m'est venue il y a plus de dix ans et qui, de fil en aiguille, s'est transformée en emploi à plein temps ! J'ai créé ma société en 2002, avec pour objectif de mettre au point un appareil qui faciliterait la vie des personnes handicapées motrices. On ne s'en rend pas toujours compte mais le moindre escalier devient un obstacle insurmontable avec un fauteuil roulant. Et même si les établissements recevant du public sont théoriquement obligés d'aménager leurs accès, le problème reste entier pour les bâtiments privés. Sur fonds propres et avec l'aide de l'Anvar (Oséo aujourd'hui, ndlr), j'ai commencé à travailler seul sur ce projet. Et puis je me suis dit: « Pourquoi ne pas faire appel à la créativité de la jeunesse ? » La culture Arts et Métiers de l'Icam Toulouse (Institut Catholique d'Arts et Métiers, ndlr), formant des gens capables de concevoir et de réaliser un produit, m'a semblé très intéressante. L'autre avantage, c'était que les élèves ingénieurs pouvaient réaliser mon prototype au sein de leur école, ne disposant pas moi-même des moyens de production et d'essais nécessaires.»
Un prototype dès la 2e année
«Notre collaboration a débuté en 2003 et s'est achevée en 2005. D'un point de vue administratif, un contrat a été signé, reprenant les engagements de l'école et les miens. En pratique, j'ai expliqué à l'Icam ce que je souhaitais faire et un cahier des charges et un planning en ont découlé. Au total, sur les trois périodes du contrat (chacune a duré entre quatre et six mois, ndlr), huit binômes ont planché sur le sujet qui exigeait des compétences en mécanique et en électronique. Au début, leurs travaux ont été surtout théoriques mais, dès la deuxième année, un premier prototype a vu le jour, entièrement fabriqué par leurs soins à l'Icam. Une deuxième version a ensuite été élaborée, donnant naissance au produit TopChair sous sa forme actuelle : un fauteuil roulant électrique capable de monter et de descendre des marches ou des trottoirs. L'innovation réside dans un double système de déplacement - sur des roues en terrain plat et sur des chenilles pour franchir des marches ? et un système embarqué qui traite 50 fois par seconde les informations en provenance des différents capteurs. L'objectif était que l'utilisateur puisse se déplacer de façon autonome, sans assistance extérieure : nous avons donc cherché à simplifier au maximum son rôle, tout en assurant sa sécurité.»
Une cinquantaine d'exemplaire fabriqués par an
«Outre l'aspect technologique, il nous fallait valider le côté médical: des études cliniques ont été faites au Centre d'Innovations Technologiques de l'hôpital Raymond Poincaré de Garches, complétées par des tests de conformité aux normes européennes et internationales, confiées au Centre d'Etudes et de Recherche sur l'Appareillage des Handicapés (CERAH). En 2007, la Haute Autorité de Santé a rendu un avis favorable pour la prise en charge du fauteuil TopChair par la Sécurité sociale et, depuis sa mise sur le marché en 2008, une cinquantaine d'exemplaires sont fabriqués chaque année et vendus dans 18 pays. Aujourd'hui, nous sous-traitons la fabrication mais le montage est réalisé dans nos locaux. Tout cela n'aurait pas été possible, du moins pas aussi vite, sans cette collaboration avec l'Icam. Bien sûr, j'aurais pu faire appel à un prestataire ?classique? mais le coût de développement aurait été au moins trois fois supérieur pour un résultat non garanti. D'autres sociétés, dont une aux États-Unis, ont travaillé sur le sujet mais, à ce jour, TopChair n'a pas d'équivalent ! »
TopChair
(Montrabé) Dirigeant: Hervé le Masne 4 salariés CA 2010: 300K€ Tél. : 09 61 22 72 02 www.topchair.net