Dominique de La Tournelle, P-dg de Bruno Saint Hilaire, fait le point sur les projets du groupe.
Bien présent sur le marché de l'homme, vous souhaitez vous développer davantage sur celui de la femme. Comment comptez-vous faire ?
Si l'homme reste majoritaire dans notre chiffre d'affaires, le marché de la femme, plus important, nous intéresse beaucoup. Les acteurs de ce secteur sont surtout des chaînes mais rarement des marques. En effet, les stylistes ne s'intéressant pas forcément aux plus de 40 ans, nous avons une place à prendre. Dans cette optique, nous avons développé une offre plus précise, colorée et moderne et nous participons en septembre, pour la deuxième fois, au Salon du prêt-à-porter à Paris.
Vous venez d'obtenir la licence mondiale du prêt-à-porter de la marque de chaussures Mephisto. Qu'est-ce que cela représente pour vous ?
Mephisto recherchait un spécialiste hommes/femmes qui ne soit pas seulement un «fashion player» mais qui puisse développer des produits performants. Quant à nous, nous avions la volonté de nous développer sur le sportswear. Distribués en France et dans cinq pays, les collections printemps-été homme et les collection automne homme et femme sont un véritable succès. Si la France reste notre marché prioritaire, nous souhaitons distribuer le prêt-à-porter Mephisto dans une dizaine de pays d'ici à cinq ans (soit la durée de la licence). L'objectif est de dépasser les 5M€ de chiffre d'affaires.
Réfléchissez-vous à travailler avec d'autres marques ?
J'ai eu de nombreuses sollicitations mais, jusqu'à aujourd'hui, aucune ne correspondait à mes attentes. Je reste toutefois à l'écoute de toute proposition. Pourquoi pas développer des collections de prêt-à-porter pour des fabricants de bagagerie par exemple. Cette activité pourrait à terme devenir un département de notre société.
Qu'en est-il de votre présence à l'international ?
Environ 17% de notre chiffre d'affaires est réalisé à l'export. Nous sommes le premier fournisseur de pantalons de la chaîne anglaise de grands magasins John Lewis. Nous possédons d'ailleurs une filiale en Angleterre, qui gère aussi nos relations commerciales avec les États-Unis. Nous sommes également présents au Canada, en Irlande, en Belgique, en Suisse, en Italie et au Portugal.
Visez-vous d'autres pays ?
Il s'agit avant tout d'alimenter nos réseaux de distribution existants. De plus, si nous avions des projets de développement en Espagne, Russie ou au Moyen-Orient, la crise étant passée par là, ils sont pour le moment reportés. Toutefois, la Chine étant un marché à fort potentiel pour nos produits homme, j'y suis allé en novembre dernier pour rencontrer d'éventuels partenaires. J'ai eu des contacts intéressants. D'ailleurs, une délégation chinoise est venue nous rendre visite fin juin. Tout cela prend du temps car il faut réfléchir à l'acceptation de nos produits dans ce pays et au mode de distribution à adopter. Si un accord est signé, il porterait à la fois sur la fabrication et la distribution. Il prendrait la forme d'une licence d'exploitation de notre marque sur un territoire défini. Le plus important pour nous reste de trouver le bon partenaire qui veillera à la qualité de la fabrication et à la cohérence de l'image de notre marque.