Un joli cadeau d’anniversaire. Alors que Derichebourg Environnement (5 400 salariés) va fêter cette année ses 70 ans, le groupe parisien spécialisé dans le recyclage de déchets métalliques, ferreux et non ferreux, prévoit d’investir 62 millions d’euros dans la création d’une fonderie de plomb, pour son site de Castine-en-Plaine (Calvados), rattaché à l’une de ses filiales, Revival. L’industriel pèse lourd dans le secteur du recyclage : 4,7 millions de tonnes de métaux ferreux et non ferreux, recyclés par an, et 3,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025.
Un pôle d’excellence dans le recyclage automobile
Spécialisé dans le recyclage de métaux, racheté en 2021 lors de l’acquisition par Derichebourg Environnement de son concurrent Ecore, le site Revival de Castine-en-Plaine s’étend sur 38 hectares, soit le plus gros site du groupe en France et à l’international. "Il s’agit d’un site multi-activités avec du broyage, du cisaillage et du recyclage de métaux ferreux et non ferreux. Nous recyclons également du papier, du carton, des déchets verts, des lave-linge et des batteries de voitures", présente Gaylor Renard, exerçant au service technique de Derichebourg Environnement, à la recherche et au développement. "Ce site est un pôle d’excellence dans le recyclage de véhicules hors d’usage", poursuit-il.
75 000 tonnes de batteries broyées par an
Leader au niveau national, le site de Castine-en-Plaine recycle, chaque année, près de 450 000 véhicules hors d’usage (sur un marché de 1,1 million de véhicules), soit 75 000 tonnes de batteries broyées par an. "Cette activité de broyage de batteries existe depuis plus de 40 ans sur notre site. En revanche, nous n’allons pas jusqu’au bout du recyclage de ces batteries, raison pour laquelle nous travaillons depuis deux ans et demi sur ce projet de fonderie de plomb", indique Gaylor Renard. À l’issue du broyage, du plomb est récupéré sous deux formes : du plomb métallique et de l’oxyde de plomb, lequel va donner de l’acide sulfurique, envoyé ensuite dans des fonderies, en Europe. En créant une fonderie de plomb, le site va se doter d’une nouvelle technologie : la désulfurisation, afin de retirer les sulfures et extraire le soufre contenu dans l’oxyde de plomb. Ces lingots de plomb seront ensuite revendus à des clients, notamment à l’industrie du détergent.
Réduction de l’impact environnemental
"En réalisant cet investissement, nous réduisons de 40 % notre impact environnemental lié au transport vers des fonderies européennes. Par an, ce sont 3 millions de kilomètres en moins et 400 tonnes de plomb recyclés, qui ne partiront pas dans le circuit habituel de déchets. Grâce à ces nouvelles technologies, nous réaliserons un gain de 15 000 tonnes équivalent CO2 par an", estime Gaylord Renard. Autres raisons évoquées par l’industriel : maîtriser la chaîne de recyclage de bout en bout et éviter tout risque de déversement sur la route de produits classés toxiques.
80 créations d’emplois
Intégré aux bâtiments existants, ce projet permettra l’embauche de 80 nouveaux salariés, sur les 150 postes existants. Une autorisation préfectorale, faisant suite à une enquête publique, est attendue à la fin du mois de mai. Si les feux sont au vert, les travaux devraient durer entre douze et quatorze mois.