L'entreprise Depalor, basée à Phalsbourg et spécialisée dans la fabrication de panneaux de particules, s'apprête à démarrer la dernière phase de travaux visant à réduire sa consommation d'énergie. «Nous allons remplacer les 3 vielles chaudières à gaz, dont l'une de secours, pour installer une chaudière à biomasse», annonce Alain Crola, directeur du site. L'investissement de 4,5 M€ est programmé pour 2013/2014 et s'inscrit dans la continuité de ceux engagés par le groupe Krono, propriétaire de l'entreprise depuis 2007.
50.000 MW de gaz consommés
Avec 50.000 MW de gaz utilisés chaque année pour une facture de 1,4 M€, notamment pour assécher le bois, Depalor est une grande consommatrice d'énergie. «Actuellement, pour chauffer les presses, nous utilisons un fluide thermique chauffé au gaz.» L'installation de la nouvelle chaudière doit générer une économie de 4.000 t d'équivalent pétrole/an, soit un montant d'environ 1M€. L'investissement sera donc rentabilisé en moins de 5 ans. «Ce projet nous permettra de rester compétitif par rapport à d'autres unités voire d'augmenter notre production de 30 % dans les 2 ans», souligne Alain Crola, qui s'appuie sur l'exemple de l'usine de Sully-sur-Loire, autre propriété du groupe, qui fonctionne en cogénération depuis 10 ans, 100% biomasse. «À Phalsbourg, nous ne ferons pas de cogénération, mais ne produirons que de la chaleur.» Si l'entreprise a abandonné le projet ébauché avec la commune, elle poursuit la réflexion commune engagée avec le lycée voisin. L'idée est de produire de la vapeur et que le gymnase, voire le lycée, soient alimentés en chauffage par un circuit vapeur basse pression. «Nous envisageons, l'installation d'un équipement d'une puissance de 11MW. L'usine en consomme 7. Le lycée aurait besoin de 2 MW et le gymnase de 1 MW. Nous gardons une marge de 1 MW pour un investissement quasiment équivalent.»
Brûler les poussières
En revanche, Alain Crola exclut toute installation d'un système de récupération de la vapeur. «30 t d'eau/h partent en vapeur. C'est trop difficile à traiter. Le bilan économique est négatif. Ca a l'air séduisant, mais c'est compliqué et les contraintes environnementales sur l'eau sont plus sévères que celles sur l'air.» Sur l'exercice 2011/2012, Depalor s'est déjà équipée d'un brûleur vertical pour brûler 100 % des poussières émises et produire de la chaleur. La nouvelle chaufferie qui consomme 60.000t de bois/ an permettra à l'entreprise d'utiliser les résidus d'écorces qui sont actuellement revendues. «Nous devrons aussi acheter d'autres écorces et du bois énergie pour faire fonctionner la chaudière.» Depalor produit chaque année 300.000 m² de panneaux de particules à destination des industriels de l'ameublement. 80 % de sa fabrication part à l'export (Allemagne et Bénélux).
Depalor
(Phalsbourg) Création: 05/10/1970 Effectif: 153 personnes CA: 60 M€