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Dawex en pole position sur l’échange de données
Lyon # Numérique # Levée de fonds

Dawex en pole position sur l’échange de données

Après avoir récemment levé 5 millions d'euros, la start-up informatique lyonnaise Dawex veut créer une bourse d'échange de données d'envergure mondiale.

L'équipe du lyonnais Dawex a développé une technologie d'échange et de monétisation de données commercialisée en marque blanche auprès d’entreprises — Photo : Dawex

C’est le marché du siècle, évalué à plus de 10 milliards de dollars par an. Et vers lequel, promet-on, toutes les entreprises vont tôt ou tard devoir converger. Le « filon » en question ? L’échange et la transaction de données, ces informations que toute organisation amasse chaque jour. Et dont la valorisation est devenue un enjeu stratégique majeur. « Nous sommes à la veille d’une nouvelle révolution numérique », confirme Fabrice Tocco, cofondateur, avec Laurent Lafaye, de Dawex (chiffre d'affaires non communiqué, 35 salariés) qui opère, depuis Lyon, l’une des plus grandes places de marché françaises pour monétiser et acquérir des données. « Les premiers positionnés sur ce segment seront demain les mieux servis », estime ce serial entrepreneur, à l'origine en 2009 de la start-up Lizeo, spécialisée dans la transformation digitale.

Optimiser l'outil informatique et la notoriété

Être là avant tout le monde… L’argument de Dawex fait mouche, au point de convaincre récemment plusieurs acteurs mondiaux d’entrer au capital. Bouygues Construction, Amadeus (voyages) ainsi que le japonais Itochu (import-export) ont ainsi apporté leur crédit au projet en mettant 5 M€ sur la table. Une enveloppe qui devrait permettre à la start-up, qui emploie en majorité des développeurs, d’optimiser son outil informatique. « Nous allons ainsi intégrer de nouvelles solutions blockchain », détaille Fabrice Tocco. Ces fonds vont également être fléchés pour optimiser la notoriété de la structure. « Nous avons besoin de développer la marque via le marketing digital et un travail avec les analystes marché à l’instar de l’américain Forrester », poursuit le dirigeant.

L’essentiel, pour le board de Dawex, est en tout cas d’être « visible » pour convaincre le plus d’entreprises possible de rejoindre sa marketplace, laquelle revendique déjà plus de 7 000 utilisateurs. « Nous voulons créer la plus grande communauté d’acteurs sur l’échange de données », résume sa direction. « Nous avons un objectif de 20 000 à 30 000 entreprises utilisatrices d’ici à cinq ans. La plateforme d'échange de données ne génère aucun chiffre d’affaires direct mais en termes d’empreinte marché, c’est très important ». En complément, la start-up commercialise sa technologie en marque blanche auprès d’entreprises. C’est le cas d’API Agro, spécialisé dans l’échange de données utiles au secteur agricole, qui a récemment accolé la plateforme Dawex à son écosystème informatique.

Le Japon comme modèle

Fabrice Tocco et Laurent Lafaye cherchent également à positionner leur pépite sur des marchés "pilote", à l’instar du Japon, très en avance sur le trading de données. Là, Dawex a rejoint le collectif Data Trading Alliance, composé d’une centaine d’entreprises spécialisées. Ses dirigeants regardent également vers le Moyen-Orient, en particulier vers les Émirats Arabes Unis. « Commercialement, il y a des choses à faire sur l’échange de données liées à la blockchain et l’intelligence artificielle », argumente Fabrice Tocco, qui n’exclut pas une nouvelle levée de fonds sous deux ans pour financer ce déploiement.

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