d'aucy : Ses légumes conservent leur sang froid face à la psychose
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d'aucy : Ses légumes conservent leur sang froid face à la psychose

La crise de la bactérie tueuse n'a pour l'heure que peu d'impact sur les ventes de conserves d'aucy. Mais son propriétaire, la Cecab, affronte d'autres difficultés.

La bactérie Eceh s'est incrustée dans les steaks hachés et les gaspachos hexagonaux. Après être apparue dans des graines germées issues d'une exploitation bio en Allemagne. Un accident sanitaire causant plusieurs morts outre-Rhin, des hospitalisations et une psychose en France. Avec des préjudices importants chez certains producteurs de légumes frais bretons. Un problème qui, stérilisation oblige, ne concerne pas directement les légumes en conserve d'aucy de la Cecab (Centrale coopérative agricole bretonne). Comme le confirme son directeur général Jean-Michel Jannez. Commercialement, c'est une autre affaire. «Nous subissons comme d'autres les affres d'une médiatisation excessive», explique le dirigeant du groupe coopératif. «Beaucoup de choses ont été écrites sans avoir été vérifiées alors que toute une profession se trouve actuellement en grande difficulté.» La faute au principe de précaution.




«Impact limité»

Trop tôt pour mesurer l'impact de cette crise sur les stocks de la Cecab. «On pense que celui-ci sera relativement limité», poursuit Jean-Michel Jannez. «Nous ne voyons pas de baisse significative de nos commandes, même si un recul était de toute façon perceptible au premier semestre 2011. Avec parfois des baisses de 7%, voire de 12% sur le surgelé en mai.» Les 210millions d'euros d'aides dégagés par le Comité de gestion agricole à Bruxelles pour compenser l'effondrement des ventes des producteurs de légumes seront-ils suffisants? «Sans doute que non, vu les dégâts», répond le président Alain Morice.





Pendant ce temps, la Cecab essaie de conserver le maximum de sécurité alimentaire pour ses 47 usines en Europe employant 7.000 personnes.





Au sein de son site de Locminé, les enjeux de sécurité industrielle sont majeurs. Avec des fiches de traçabilité et huit caméras, dont deux en couleur, pour le tri. Exposés en plein air à même le sol bétonné, les légumes d'aucy sont ensuite triés pour en éliminer les impuretés. Les cailloux les plus difficiles à éliminer sont ceux dont la densité très faible leur permet de flotter. Avant même la stérilisation, l'étape clef est ensuite celle du sertissage. Dans cette partie de l'usine, placardée en face d'un dessin de microbe teigneux et grimaçant, la mention "Danger" figure sur fond rouge. "Le sertissage est critique pour la sécurité microbiologique de nos produits", rappelle l'affichette.




Stérilisation dans des cuves

L'opération de sertissage doit être parfaitement réalisée pour pouvoir bénéficier de précieux laisser-passer vers d'autres marchés: la norme britannique BRC et le référentiel européen IFS. Les boîtes de légumes d'aucy sont ensuite stérilisées dans quatre cuves métalliques pachydermiques, pour une durée très variable selon la variété de légumes. Une dizaine de minutes pour les petits pois (23.600 tonnes par an). Jusqu'à 50 minutes pour les épinards




(2.000 tonnes annuelles).








Le front de l'Est résiste

Les légumes d'aucy représentent 41% du chiffre d'affaires de la Cecab et sont mis en boite dans huit usines en France. Ainsi que dans toute l'Europe, de Timachevsk (Russie) à Monteagudo (Espagne) en passant par Debrecen (Hongrie). Mais les marchés des pays de l'Est n'ont pas tenu leurs promesses. «Notre développement y est sans doute plus difficile que ce que nous imaginions», explique Jean-Michel Jannez. «Nous nous sommes heurtés à une agressivité commerciale très forte de nos concurrents ainsi qu'à des aléas climatiques.» De plus, la crise économique s'est installée. «Il y a cinq ans, nous sentions une occidentalisation de la consommation dans les pays de l'Est», poursuit le directeur général. «Désormais, les marques de distributeur voire le premier prix sont en recrudescence.» L'envolée du coût des matières premières a aussi impacté la Cecab, notamment pour ses pôles oeufs et porcs. «Cela nous coûte l'équivalent de deux à trois mois d'une année», constate Jean-Michel Jannez. «Certains opérateurs altèrent la transparence sur le marché. Si de tels prix se maintiennent toute l'année 2011, on s'engage vers des difficultés structurelles.» Car parallèlement, la Cecab a le plus grand mal à imposer des hausses de prix à ses clients de la grande distribution.




Le bio






relais de croissance

Face aux difficultés à augmenter les volumes en conservant des marges correctes, le bio peut s'avérer un relais de croissance à long terme. Avec Agro Bio Europe, Pinault Bio et Abe, la Cecab a considérablement renforcé ses positions sur ce marché. «En légumes appertisés, nous sommes parmi les principaux, opérateurs du marché, si ce n'est le principal», assure Jean-Michel Jannez.

CECAB



(Theix) Président: Alain Morice Effectif: 5.200 personnes Chiffre d'affaires 2010: 1,3milliard d'euros Tél: 02 97 54 88 88.

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