Cub/Medef : Le pavé dans la mare de Jean-François Cledel

Cub/Medef : Le pavé dans la mare de Jean-François Cledel

Polémique Les propos de Jean-François Cledel au sujet de Vincent Feltesse sont révélateur du malaise d'une partie du patronat au sujet de leurs relations avec la Cub.

«Irrespectueux, indigne de sa fonction, sectaire». Le moins que l'on puisse dire est que Jean-François Cledel, président du Medef Gironde, ne mâche pas ses mots en évoquant Vincent Feltesse, président de la Cub, et la façon dont celui-ci l'a reçu dans son bureau mi-octobre. «Mes rendez-vous précédents avec Alain Rousset et Philippe Madrelle s'étaient très bien passés. Avec Vincent Feltesse, à peine avais-je évoqué le dossier des infrastructures que celui-ci s'est bloqué. Comme il l'avait déjà évoqué dans une interview, il considère que le Medef n'a que le mode routier à la bouche. Je suis pourtant ouvert au dialogue au sujet des infrastructures». Pour sa part, le président de la Cub rétorque que Jean-François Cledel n'a pas ouvert la conversation de la meilleure façon, en parlant «du tram comme un gadget».




Climat de défiance

L'anicroche entre Jean-François Cledel et Vincent Feltesse est révélatrice du malaise d'une partie du patronat concernant leurs relations avec la Cub. «Je ne doute pas que Vincent Feltesse s'intéresse au développement économique, déclare le président d'une importante fédération professionnelle. Mais il ne connaît pas ou peu d'entreprises et un véritable climat de défiance a été instauré par les services de la Cub envers les entrepreneurs. On aimerait connaître la vision de l'agglomération en terme de développement économique, et savoir qui est notre interlocuteur. Le nouvel organigramme est trop compliqué». Depuis plus d'un an, et le départ d'André Delpont pour Euratlantique, la Cub n'a plus de directeur du développement économique. La nouvelle organisation mise en place le 1erfévrier a créé six pôles (proximité, développement durable, mobilité...), auxquelles sont rattachées des directions. «Les services économiques de la Cub sont désormais dilués dans plusieurs pôles, regrette Pierre Goguet, président de la CCI de Bordeaux. L'expertise de l'ancien directeur du développement économique était très appréciée...»




Direction des entreprises vacante

Selon un cadre de la Cub, «le remplacement d'André Delpont n'est pas pour demain. Il avait un poste taillé sur mesure avec des compétences élargies. Certes, un tel profil n'est pas facile à recruter, mais je ne pense pas que de gros efforts soient entrepris pour le remplacer». À la Cub, on assure que «le mouton à cinq pattes n'est pas facile à trouver», mais que le poste finira par être pourvu. «Les chefs d'entreprise peuvent avoir le sentiment de ne plus avoir d'interlocuteur car la direction des entreprises est assurée de façon intérimaire. Les choses s'arrangeront quand un nouveau directeur arrivera». Les ponts ne sont de toute façon pas coupés entre la Cub et le patronat. Pierre Goguet souligne qu'il ne rencontre «aucun problème de dialogue avec Vincent Feltesse. J'ai été invité lors d'une réunion des élus des collectivités territoriales, la CCI participe à la consultation Bordeaux 3.0 et je ne doute pas que nous serons associés au Grenelle des mobilités».