Associer financièrement les salariés à la croissance de leur entreprise. Le principe n'est pas neuf - la première ordonnance évoquant le principe en France date de 1959! -, mais il n'est pas encore entré dans les moeurs de toutes les entreprises du pays. Pourtant, les dispositifs disponibles (participation aux résultats, plan d'intéressement, stock-options, attributions d'actions gratuites), qu'ils soient obligatoires ou facultatifs, se révèlent, à condition que leur mise en place soit bien pensée, des outils parfois redoutables d'efficacité pour la bonne marche de l'entreprise. D'un côté, les salariés accèdent à un supplément de rémunération fidélisant, d'autant plus qu'il bénéficie d'une fiscalité généralement attractive. De l'autre, les entreprises y trouvent aussi, grâce à des mécanismes d'exonération et de crédit d'impôt, des outils d'optimisation fiscale, mais aussi des outils de développement de la performance. Un salarié intéressé au résultat, aux performances ou à la valorisation de son entreprise voit généralement sa motivation et sa productivité augmenter.
Un levier stratégique
«Les outils évoqués peuvent être des leviers stratégiques pour l'entreprise. En fonction de ses objectifs, elle peut mettre en place les outils d'épargne qui faciliteront leur atteinte. Ceci est à prendre en considération avant tout lancement d'actionen la matière», insiste Bernard Martinier, avocat chez Ernst & Young. Aujourd'hui, seulement 9,3millions de salariés français bénéficient, selon les chiffres du ministère du Travail, bénéficiaient à la fin 2008 d'au moins d'un dispositif de de participation ou d'intéressement. Un chiffre que le gouvernement cherche à faire grossir depuis 2008, avec une loi incitative (déblocage immédiat des fruits de la participation, autrefois gelés durant cinq ans, crédit d'impôt sur les primes redistribuées dans le cadre de l'intéressement au sein des PME), mais qui peine encore devant certains obstacles. Attributions d'actions gratuites et stock-options - dont la fiscalité est d'ailleurs moins intéressante depuis cette année - sont ainsi pénalisées par le blocage des chefs d'entreprises à abandonner ou diluer une partie ducapital de la société familiale. Plus généralement, les dispositifs en place souffrent ainsi de la complexité de leurs modes de calcul ou de leur régime fiscal, aussi bien difficile à appréhender par les salariés que par les dirigeants. Et qui nuisent à la perception, et donc à l'efficacité, des actions d'épargne salariale.
Ne pas pervertir le système
Enfin, certains outils ont parfois souffert d'une utilisation un peu abusive, plus orientée vers la défiscalisation pure et dure que vers le principe «gagnant gagnant» qui guide la philosophie de l'épargne salariale. «Les outils d'intéressement ne doivent pas rechercher une optimisation fiscale à 200%. Cela a pour effet de pervertir le système et de ne pas entraîner l'effet positif en termes de motivation», insiste Bernard Martinier, avocat chez Ernst & Young. Une mise en garde bienvenue pour qui veut profiter de toutes les promesses de l'épargne salariale...
L'augmentation du salaire n'est pas le seul atout pour fidéliser un salarié. Entre participation, intéressement, stock-options ou actions gratuites, l'entreprise qui grandit dispose d'outils qui peuvent - cerise sur le gâteau - doper en plus sa performance.
Dossier réalisé par Sébastien Payonne