Crise : En attendant la reprise...
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Crise : En attendant la reprise...

Présents à Rennes le même jour pour deux événements différents, Christian Noyer et Nicolas Bouzou ont livré leurs sentiments respectifs face à la crise. Réflexions croisées du Gouverneur de la Banque de France et de l'économiste parisien.

Les derniers indicateurs semblent bien annoncer un semblant de reprise pour septembre. «Nous voyons aujourd'hui les premiers signes d'une inflexion de l'activité économique», confirme Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France. «Au premier trimestre, la production a reculé de façon à peu près équivalente à celle du quatrième trimestre 2008». Et de souligner un «moindre repli économique au deuxième trimestre». Résultat: «Nous avons plusieurs raisons d'espérer que le pire est derrière nous.» Le patron de la Banque de France voit ainsi plusieurs facteurs qui poussent à un tel optimisme. D'abord, «une désinflation plus rapide qu'espérée». Ce qui permet de soutenir le pouvoir d'achat «et compense en partie la détérioration du marché du travail». «La consommation des ménages en France tient grâce à l'inflation qui est aujourd'hui proche de zéro», confirme l'économiste Nicolas Bouzou.




«Redémarrage l'année prochaine»

Deuxième lueur d'espoir: les stocks. Après une très forte baisse, «on peut espérer un arrêt du déstockage et même une reconstitution», note Christian Noyer citant, par ailleurs, l'efficacité des plans de relance et le recul des taux des nouveaux crédits.





Pour le Gouverneur, il y a donc des raisons de croire en une «stabilisation de l'économie en fin d'année et un redémarrage l'année prochaine.» Tout en mettant en garde: «Nous risquons d'être touchés par une deuxième vague». Vague qui trouverait sa source dans les effets de ?rétroaction?. «Les risques de réduction de la disponibilité du crédit et la montée du chômage peuvent mettre en danger la consommation des ménages». Une crainte que partage Nicolas Bouzou. Un économiste (cabinet Asterès) toutefois bien plus pessimiste que Christian Noyer. «La crise va durer assez longtemps. Il n'y a pas de rebond après une crise comme ça. Quand vous faîtes un AVC, vous ne remontez pas sur un vélo le lendemain.» S'il ne nie pas que les indicateurs sont meilleurs ces dernières semaines, l'économiste tempère. «Mécaniquement, au bout d'un moment, l'activité se stabilise. Mais stabiliser son activité, ça ne veut pas dire reprise. C'est donc plus un phénomène de convalescence que de reprise.»




La crainte du taux d'épargne américain

Nicolas Bouzou voit même un élément qui pourrait faire craindre le pire: le taux d'épargne américain. Outre-Atlantique, ce dernier est aujourd'hui de 4%, contre 15% en France et 10% en moyenne dans l'Union européenne. Compte tenu de l'explosion du chômage aux États-Unis, les Américains vont tenter d'approcher les 10% de taux d'épargne. Conséquence: «Cela signifie qu'ils vont moins consommer.» Quand on connaît l'incidence de la consommation américaine sur le reste de la planète, il y a effectivement des raisons d'avoir peur.

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