Le 24 janvier dernier, environ 15.000 personnes ont défilé dans les rues de Brest, en soutien au Crédit Mutuel Arkéa, engagé dans une bataille pour plus d'autonomie avec le Crédit Mutuel-CIC. La fédération bretonne s'oppose notamment au projet de réforme du groupe mutualiste - dont le siège est à Strasbourg - pour changer ses statuts, conformément aux souhaits de la BCE et des pouvoirs publics français. Une réforme désormais actée, lors de l'assemblée générale extraordinaire que le groupe a tenue le 21 mars dernier. A l'occasion de la présentation des résultats du CM11-CIC qui regroupe 11 des 18 fédérations du Crédit Mutuel, Alain Fradin, son directeur général, est revenu sur la bataille engagée par Arkéa (qui en regroupe 3). « Nous ne sommes pas en conflit avec les fédérations de l'ouest. Pour preuve, nous investissons actuellement 150 millions d'euros au cumulé à Nantes, pour créer un centre de formation, déménager la fédération Loire Atlantique et Centre Ouest en coeur de ville ou encore créer un nouveau centre de stockage pour notre filiale SOFEDIS, qui commercialise des produits publicitaires et fournitures », a-t-il souligné, rappelant que le CM11-CIC maillait avec ses 1.400 caisses les trois quarts du territoire français, « avec des relations fortes avec les autres fédérations ».
CM11-CIC renforce son poids
« Arkéa a une attitude toujours plus autonome. Ses tentatives de sortie du Crédit Mutuel n'ont pour le moment pas été autorisées par les autorités de tutelles. Nous faisons ce que nous pouvons pour préserver une unité », a sobrement commenté Nicolas Théry, le nouveau président de la Fédération Centre Est Europe et du CM11-CIC, qui vient également de succéder à l'emblématique Michel Lucas à la tête de la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM). Côté résultats en tout cas, le CM11-CIC renforce un peu plus son poids au sein de la confédération. Il annonce pour 2015 un résultat net de 2,514 milliards d'euros en hausse de 4 % et un produit net bancaire 12,817 milliards d'euros, en hausse de 6,8 % par rapport à 2014, « avec de belles réussites sur le marché des entreprises et des assurances », souligne Nicolas Théry.
Croissance des autres métiers
Des leviers de croissance intéressants alors que les fondamentaux de la banque se dégradent, à cause des taux de crédits historiquement bas. La période est marquée par un volume de rachats et de renégociations de crédits sans précédent. « Fini le temps où les banquiers s'enrichissaient en dormant... Nous devons trouver d'autres sources de développement pour compenser les pertes de revenus financiers », pointe Nicolas Théry. En 2015, le manque à gagner a pu être compensé par la hausse du nombre de clients (24,1 millions), des d'encours (+5.7 %), et la vente de services annexes. L'activité assurances représente aujourd'hui la moitié des résultats du groupe qui compte aussi 1,5 million d'abonnements téléphoniques et détient un tiers du marché télésurveillance. Celui-ci s'est aussi diversifié dans la vente d'immeubles neufs et l'automobile depuis l'année dernière. Ainsi que dans les services technologiques, misant notamment sur la start up Fivory. 6 % de la masse salariale a été consacré en 2015 à la formation, pour faire évoluer les salariés vers ces nouveaux métiers. Pour 2016, l'équipe dirigeante table sur une stabilité des résultats.
CM11-CIC
(Strasbourg) Président : Nicolas Théry PNB 2015: 12,817 66.372 salariés 03 88 14 88 14