Il était le gendarme de la bourse, il est devenu le poil à gratter des banquiers. Gérard Rameix, l'ancien patron de l'AMF (Autorité des Marchés Financiers), a succédé à René Ricol au poste de médiateur national du crédit. Sa fonction: convaincre les banques qui ont refusé un financement à des chefs d'entreprises de réexaminer positivement leur dossier. «Nous intervenons gratuitement, discrètement, et rapidement. Dans deux cas sur trois, nous obtenons un nouvel accord» indique Gérard Rameix. La procédure est simple. Après avoir saisi son dossier sur le site www.mediateurducredit.fr, le chef d'entreprise est contacté par le directeur départemental de la Banque de France. Une négociation est alors menée avec les partenaires bancaires habituels.
Des encours inférieursà 50.000€
«Nous sommes efficaces car nous apportons une technicité sur le plan juridique et financier. Ce deuxième examen permet de présenter le dossier à un niveau hiérarchique supérieur à celui qui l'a refusé». Dans 66% des cas, les encours de crédit débloqués s'élèvent à moins de 50.000€. La demande de médiation concerne majoritairement de petites entreprises, puisque 80% d'entre elles comptent moins de 10 salariés. «Dans la Sarthe, depuis le lancement du dispositif fin 2008, 17,7M€ d'encours de crédit ont été débloqués, pour 177 dossiers acceptés et 1.276 emplois préservés. Le taux de médiation réussie s'élève à 66%» détaille Bernard Ramon, de la Banque de France. Une dizaine de dossiers sont traités chaque mois. «On ne se contente pas d'un rappel à l'ordre. Nous conduisons une négociation interactive, afin de faire en sorte que l'entreprise et sa banque trouvent un accord».
En déplacement auMans, le médiateur national du crédit encourage les chefs d'entreprises à ne pas baisser les bras lors d'un refus de prêt bancaire. La saisine permet d'obtenir gain de cause dans deux cas sur trois.