« Au-delà d'un coup de gueule, c'est un véritable cri d'alarme que je lance. Notre profession des canalisateurs des réseaux d'eau et d'assainissement est en danger. Nos difficultés ont débuté en 2009 avec la crise du BTP mais elles s'accentuent depuis deux ans avec la baisse des investissements des collectivités locales qui doivent jouer le jeu du soutien à l'emploi. Nous pensions que 2014 aurait été l'année la pire mais 2015 s'annonce encore plus dure. Pourtant les arguments pour nous soutenir ne manquent pas, notamment la mise aux normes des réseaux, des chantiers nécessaires après plus de 80 ans d'existence pour certains. Les fuites représentent aujourd'hui une perte de 20 % d'eau potable !
L'eau en budget annexe
Les mairies, les communautés de communes ou le département nous expliquent que les dotations de l'État ont diminué mais le budget eau et assainissement ne fait pas partie du régime général. Il est contenu dans un budget annexe qui, lui, n'est pas impacté. Il est relativement simple de trouver des fonds directs pour soutenir l'investissement. Cette situation a des conséquences sur la survie ou le développement de nos entreprises. J'avais le projet de construire un nouvel entrepôt sur Plélo pour gagner en confort de travail et en visibilité. Cet investissement, compris entre 800.000 euros et 1 million d'euro est aujourd'hui repoussé faute de visibilité.
Des marges qui se réduisent
Mon chiffre d'affaires se maintient mais la marge n'est plus là puisque les prix, avec la concurrence qui s'accentue sur un gâteau qui diminue, sont inexorablement tirés vers le bas. Je me suis attaché depuis 2009 à préserver le travail de mes 20 salariés. J'espère, pour moi qui ai repris en 2007 cette entreprise familiale fondée en 1980, maintenir cet objectif à court terme. »
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