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Cosmétolab : Une première mondiale à Evreux
Normandie # Parfum et cosmétique # Transition écologique

Cosmétolab : Une première mondiale à Evreux

Porté par une société coopérative d'intérêt collectif (SCIC), le projet Cosmétolab cherche à appliquer à l'industrie cosmétique la technologie UHT dans le but de proposer des produits garantis sans conservateurs.

— Photo : TechnicoFlor

Appliquer une technologie issue de l'industrie agroalimentaire aux cosmétiques, voilà tout l'enjeu du projet Cosmétolab qui vient de voir le jour à Evreux. Plus particulièrement au sein du centre de ressources technologiques Agrohall hébergé au sein de l'IUT d'Evreux. Porté par une Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) qui réunit le Grand Evreux Agglomération (GEA), la CCI de l'Eure, le groupe Cervin et Agrohall, le projet consiste pour l'heure à mettre à disposition des grands acteurs de la cosmétique un pilote de traitement et de décontamination des produits cosmétiques sans conservateurs.

« Une demande des consommateurs »

« C'est une première mondiale », assurent en coeur les porteurs du projet qui sont bien décidés à surfer sur une tendance du moment : la chasse aux parabènes et autres phénoxyéthanols dans les produits de consommation courante. « C'est une volonté des industriels de la cosmétique que de développer des produits sans conservateurs », explique le directeur d'Agrohall Adrien Agoulon. « Mais aujourd'hui, ils ont des habitudes de travail et peu de recours pour substituer ces produits ». En fait, ce que les industriels de la cosmétique ont intégré, c'est « qu'il s'agit d'une demande des consommateurs », précise le président du groupe Cervin, Simon Nikitits, lui-même spécialiste de la fabrication et du conditionnement de produits cosmétiques.

Une longueur d'avance

Et si l'idée de produire sans conservateurs « est en gestation dans l'esprit de beaucoup d'industriels », Cosmétolab pourrait bien prendre une longueur d'avance dans ce domaine, espère l'industriel. « Pour l'heure il s'agit d'une niche, mais nous démarrons avant les autres. Les études et la technologie coûtent très cher et tout le monde ne peut pas se permettre de réaliser de tels investissements. Grâce à la mutualisation des moyens, nous avons pu acquérir cette technologie, ce qui nous donne aujourd'hui la possibilité de développer nos propres formules », explique Simon Nikitits. Le pilote installé à Evreux au sein d'Agrohall et qui doit entrer en phase de test en octobre intéresse déjà les grands noms du secteur, tels que Clarins, l'Occcitane, Chanel, Loréal ou encore Johnson & Johnson. Ce que confirme le P-dg de Cervin. Désormais, les partenaires du « cluster » Cosmétolab savent quelles étapes ils doivent franchir avant de crier victoire : « nous entamons une phase préindustrielle, rappelle Simon Nikitits. Le pilote doit nous permettre de travailler à la mise au point d'une technologie et de produits ; ensuite viendra le travail sur les contenants puis la commercialisation. Dès aujourd'hui des spécialistes du packaging réfléchissent à développer des flacons ou des tubes spécifiques qui permettront de garder ces produits stériles le plus longtemps possible ». Une étape qui pourrait aboutir, selon l'industriel, dans moins d'un an. Une chose est certaine, « si le procédé séduit les marques, nous irons très vite vers la phase d'industrialisation ! » Les quatre membres fondateurs de la SCIC ont à ce jour investi un peu plus de 145.000 euros pour exploiter le nouvel outil. Un montant qui pourrait tripler dans les dix mois qui viennent.

Après Cosmétolab, Santélab...

Pour le nouveau maire (UMP) d'Evreux et président du GEA Guy Lefrand, l'avènement de Cosmétolab est à coup sûr une bonne nouvelle. L'élu qui loue « une articulation de savoir-faire unique en Europe » souhaite profiter de la dynamique pour lancer un second « cluster » local, articulé celui-ci autour des problématiques de la santé, Santélab. Un projet encore au stade des prémices qui s'appuierait sur les ressources de l'hôpital de la Musse et qui devrait, là encore, englober des industriels locaux tels que Schneider.

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