«Contrôlé tous les ans»

«Contrôlé tous les ans»

Dirigeant d'une entreprise de charpente et couverture en Seine-Maritime, J.M. livre sa perception de l'un des contrôles que l'inspection du travail lui a imposé. «Ils sont arrivés à deux, un inspecteur et un contrôleur, un matin, à 9heures, sans prévenir. Ils ont demandé à me parler. Ils voulaient les justificatifs des heures des gars qui travaillent avec moi. Il a donc fallu sortir toutes les feuilles de journées et je peux dire que ça en fait du papier, d'autant que les gars sont nombreux. Ils les ont épluchés en me disant que les horaires inscrits, style 7h50 de travail pour l'un, ou 7h35 pour l'autre, ce n'était pas réglementaire, qu'ils devaient tous avoir les mêmes horaires. À partir de là ont commencé les discussions. Ils me disent alors avoir croisé des camions de l'entreprise à des heures où les gars auraient dû avoir terminé... Que puis-je répondre? C'est leur parole contre la mienne! En plus, les chefs de chantier rentrent chez eux avec le véhicule de l'entreprise, je ne vais pas aller vérifier ce qu'ils font!»




Venus avec une idée en tête?

«Pour tout dire, j'ai senti qu'ils étaient venus avec une idée en tête. Ils voulaient trouver quelque chose. La discussion a encore duré plus d'une heure. Après, ils ont demandé à vérifier les cahiers d'avertissement, où sont consignés les avertissements mis aux salariés, puis ils m'ont réclamé la liste des apprentis et des stagiaires».




Sentiment d'être une cible

«Ensuite, ils ont voulu faire un tour dans les locaux. Là, ils m'ont reproché que le chemin qui mène aux locaux, sur lequel passent chaque jour des camions, était abîmé et mettait en danger les salariés. " Ils peuvent se fouler une cheville dans les nids de poule ", m'ont-ils dit. On est ensuite rentré dans un entrepôt de 20m de haut. On était en hiver et il ne faisait pas bien chaud. Et bien, ils m'ont reproché de ne pas chauffer le bâtiment! Après de nouvelles discussions, ils ont fait leur débriefing. Et viennent dans mon bureau pour m'expliquer les grandes lignes de leurs constats en me disant qu'ils enverront le rapport par lettre recommandée sous quinzaine. Je l'ai reçu un mois et demi plus tard. J'ai répondu avec tous les justificatifs nécessaires, mais ça a été contesté. J'ai le sentiment d'être leur cible. Je devrais avoir l'habitude maintenant, puisqu'ils me contrôlent tous les ans, sans compter les chantiers qu'ils inspectent quasi systématiquement.»