Cofogar : Une union pour des ambitions communes

Cofogar : Une union pour des ambitions communes

L'année prochaine, la coopérative forestière toulousaine Cofogar s'unira avec la Cafsa et Forestarn pour devenir le premier groupe coopératif français.

En janvier2009, la tempête Klaus frappe violemment le Sud-Ouest de la France. Les forêts les plus abîmées se trouvent dans trois régions: Midi-Pyrénées, Aquitaine et Languedoc-Roussillon. Plus de 42.000m³ de bois ont été mis à terre. «Au lendemain de la tempête, il n'y avait plus de marché. Les prix ont chuté de 40 à 50%», raconte Christophe Bernard, directeur adjoint de Cofogar. Il était urgent de gérer cet excès soudain de ressource. Auparavant concurrentes, Cofogar et la Cafsa (Coopérative agricole et forestière Sud Atlantique), dont le siège est à Bordeaux, s'allient pour trouver une solution. Elles décident de mettre en place un réseau commun de parcs de stockage (six, au total) afin d'entreposer 2millions de tonnes de bois, soit 25 % de l'ensemble des stockages de la filière. Pour Cofogar, cela représente un investissement de 3M€, couvert à 80% par des financements publics. Depuis un an et demi, les deux coopératives nettoient et reconstituent les parcelles dévastées. «À fin 2010, sur les 70 à 80.000 hectares de forêts concernés, nous en avons nettoyé environ 28.000 ha», explique-t-il. Reste encore à vendre ce bois de tempête, appelé chablis. «Il a fallu aller chercher des marchés à l'exportation. Alors que d'habitude, nous travaillions plutôt avec l'Europe du Sud, nous avons vendu en Allemagne, Autriche, Suisse, Belgique et dans les pays nordiques», raconte-t-il.






Alliance territoriale

Parce que ce genre de désordre climatique pourrait se reproduire, Cofogar, la Cafsa et Forestarn ont décidé d'unir leurs forces pour y faire face. Ce type d'alliance n'est pas une première pour la coopérative toulousaine. En effet, en 2004, elle a créé l'Alliance forestière avec les coopératives Forestarn et la Coopérative des producteurs de bois (Gers). «À travers cette union, notre ambition était de renforcer le pôle des producteurs de bois en Midi-Pyrénées. Il s'agissait aussi de mutualiser nos politiques commerciales, nos systèmes d'information ou encore nos contrats d'approvisionnement», explique Christophe Bernard. La coopérative toulousaine passe à un stade supérieur en s'alliant avec la Cafsa, qui pèse deux fois son chiffre d'affaires, et à Forestarn. Les trois coopératives réunies représentent un chiffre d'affaires de 170M€ pour un effectif de 500 collaborateurs. Le nouveau groupe coopératif, qui verra le jour en 2012, disposera de 30M€ de fonds propres. Enfin, il sera constitué d'un réseau de 14 agences pour répondre aux besoins des 44.000 adhérents répartis en Midi-Pyrénées, Aquitaine, Poitou-Charentes, Limousin et Languedoc-Roussillon. «Il est important de nous ancrer sur les territoires où nos adhérents sont présents», confirme Christophe Bernard.






La crainte de la raréfaction de la ressource

Si faire face aux aléas climatiques auxquels est soumise la filière, est une des raisons du regroupement des trois coopératives, ce n'est pas la seule. La tempête Klaus a par exemple laissé la place à un autre problème: «Il faut s'attendre à une raréfaction de la ressource en pins maritimes. En effet, ils sont aujourd'hui attaqués par des insectes xylophages», raconte-t-il. En plus de ces préoccupations, les trois coopératives doivent évoluer dans un marché mondialisé. «Il y a une demande sociale mais la concurrence est vive notamment avec des pays comme la Chine ou le Brésil», explique-t-il.Afin d'anticiper l'évolution des marchés du bois, le groupe compte ainsi miser sur la R&D. «Nous voulons développer de nouvelles techniques de culture et d'exploitation pour le peuplier ou le pin, en particulier. Nous travaillons dans ce sens avec des instituts comme les Critt ou le FCBA (l'Institut Technologique Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement). La Cafsa a déjà entamé des travaux de recherche sur la culture du pin», précise-t-il. Enfin, le groupe coopératif prévoit de prendre des participations dans des unités de transformation, notamment des scieries. Cofogar et la Cafsa sont déjà réunies au sein de Xilofrance, unité de fabrication de contreplaqué de peuplier (cf. interview ci-dessous). L'objectif: trouver des débouchés pour les adhérents des coopératives. Cette démarche entreprise dès 1999 par Cofogar, qui compte six filiales dédiées à la transformation, il entend l'intensifier. «À partir de la fin de cette année, prévient-il, dès que nous commencerons à écouler les bois stockés sous parc, nous pourrons regarder de plus près les occasions qui se présentent.»

Cofogar



(Toulouse) Président: Henri Dedieu 84 salariés CA 2010: 56,3M€ Tél.: 05 62 13 55 19 www.cofogar.com