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Coeur paysan : Pourquoi le projet séduit les consommateurs mais aussi les producteurs
Colmar # Agroalimentaire

Coeur paysan : Pourquoi le projet séduit les consommateurs mais aussi les producteurs

Cinq mois après son lancement, Coeur paysan, supermarché créé par des producteurs locaux, est bien parti pour atteindre l'objectif de 2,5 millions d'euros de chiffre d'affaires pour son premier exercice. Et cinq nouveaux fournisseurs ont rejoint le projet.

En apparence, Coeur paysan, qui a ouvert à Colmar en décembre 2016, ressemble à un supermarché comme tous les autres. Sauf que tous les produits en rayon sont approvisionnés par 40 producteurs agricoles situés dans un rayon de 40 km et que tous assurent une permanence de vente de deux demi-journées par mois dans le magasin qui emploie neuf salariés.

1,5 million d'euros investis

Autre particularité, ce supermarché appartient à 30 de ces producteurs. Ces derniers ont investi près d'1,5 million d'euros pour racheter un Lidl, le rénover, et lancer Coeur paysan. Leur objectif, pour parvenir à l'équilibre financier, est de réaliser 2,5 millions d'euros de chiffre d'affaires par an.

« Notre offre répond à une attente des consommateurs »

« En moyenne-jour, actuellement, nous y sommes », indique Denis Digel, maraîcher, président de la société coopérative agricole Les maraîchers réunis Sélestat, et directeur général de Coeur paysan. « Après un bon mois de décembre, janvier a été un mauvais mois. Mais depuis, nous y sommes » nuance-t-il. « Notre offre répond à une attente forte des consommateurs, pour des produits locaux et de la proximité avec les producteurs » analyse Denis Digel. « C'est quelque-chose dans l'air du temps. Et par rapport à la vente directe chacun sur son exploitation, Coeur paysan permet de structurer l'offre et de gagner en visibilité » estime le directeur général de Coeur paysan.

Un débouché supplémentaire régulier pour 40 producteurs

« Pour les 40 producteurs rassemblés par ce projet, cela représente un débouché supplémentaire régulier » poursuit-il. « Pour certains, cela peut représenter 15 % de leur chiffre d'affaires », détaille-t-il. Et avec ce débouché supplémentaire, les producteurs ont l'avantage de maîtriser le choix de leurs produits. « Je cultive 50 variétés mais, en supermarché, on ne veut que de quelques-unes. Et on me demande d'avoir les mêmes produits que les producteurs du sud de la France... », illustre le directeur général de Coeur paysan. « En supermarché, il y a une standardisation de l'offre » compare-t-il. De même, chaque producteur décide du prix de vente aux consommateurs. « Nous sommes plutôt bien placés », met en avant Denis Digel. « Parfois, nous sommes moins chers, parfois plus chers. Pour les carottes par exemple, nous sommes plus chers d'environ 50 centimes d'euros. Mais nos prix sont lissés sur l'année, alors qu'en supermarché, ils varient très souvent. Et entre des tomates de supermarchés, cultivées hors-sols, et nos tomates, cultivées en pleine terre, est-ce que ce sont des produits comparables ? » demande l'agriculteur ?

Cinq nouveaux producteurs rejoignent le projet

Ainsi, le projet a reçu des retours positifs de la part de consommateurs mais aussi de producteurs. D'ailleurs, cinq fournisseurs supplémentaires ont choisi de distribuer leurs produits chez Coeur paysan. Parmi les nouveaux, un producteur d'huile, des éleveurs, ou encore la moutarderie alsacienne Alelor... Le projet rassemble donc 40 producteurs, au lieu de 35 à l'ouverture. « Suite à notre mauvais mois de janvier, nous avons procédé à quelques ajustements, de manière à ce que nos productions correspondent aux volumes, plus importants que prévu, de manière aussi à élargir nos gammes », commente Denis Digel. Dans les mois à venir, les gammes de produits proposées chez Coeur paysan pourraient encore être élargies. « Nous recevons de nombreuses sollicitations et nous avons de nouvelles pistes » indique Denis Digel. « Mais nous faisons le tri, de manière à être bien sûr qu'elles correspondent à l'état d'esprit de Coeur Paysan ».

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