Club immobilier : «Plan-de- Campagne est immortelle»

Club immobilier : «Plan-de- Campagne est immortelle»

Invité par le Club immobilier Marseille-Provence, qui lui a consacré une soirée entière, Émile Barnéoud a donné sa vision de l'avenir de la zone commerciale Plan-de-Campagne, qu'il a créée en 1964.

Même s'il s'en défend, prétendant n'avoir fait que «mettre le nez au vent» pour observer et recycler les bonnes idées des autres, Émile Barnéoud est aujourd'hui considéré par ses pairs comme un businessman visionnaire. D'aucuns voient aussi en lui un personnage romanesque, à la fois timide et provocateur. Mais pour le Club immobilier Marseille-Provence, le créateur de Plan-de-Campagne est avant tout un «homme remarquable», ayant «marqué le métier de son empreinte». Et c'est à ce titre que l'association des professionnels de l'immobilier et du bâtiment l'a convié à une soirée consacrée à sa vie. À 86 ans, Émile Barnéoud n'est pas encore rangé des affaires. Il conserve quelques magasins «de-ci, de-là» et se tient bien au courant des projets d'extension des nombreuses zones commerciales de la région dont il fut l'instigateur. Il garde surtout un oeil bienveillant sur son premier bébé, la zone de Plan-de-Campagne, qu'il juge tout bonnement «immortelle». «Elle est là où il faut», affirme-t-il, convaincu que l'avenir de Marseille se trouve à l'orée des 400 enseignes de la zone qu'il créa en 1964.




«Il faut apaiser Marseille»

Au-delà de la mer, du port, de l'aéroport et des autoroutes, Marseille posséderait selon lui un atout économique incomparable: le soleil. Malgré cette aubaine astrale, «les entreprises ne viennent pas s'installer ici car la ville n'est pas crédible, explique l'entrepreneur. Il faut apaiser Marseille, comme les Espagnols ont su apaiser Barcelone. Si on y arrive, la ville va se développer à vitesse grand V», assure-t-il. À l'entendre, ce développement ne se ferait ni vers la vallée de l'Huveaune, ni vers la Côte Bleue, «où il n'y a plus de place», mais sur les 70.000 hectares du plateau de l'Arbois. «C'est le seul endroit où il y a encore des terrains qui ne coûtent rien. Tous les promoteurs vont se battre pour y être». En attendant, Plan-de-Campagne doit se moderniser. «Il faudrait presque la raser pour la reconstruire», concède Émile Barnéoud, qui admet un défaut à «sa» zone commerciale: «Elle appartient à tout le monde et à personne. Aujourd'hui, elle aurait par exemple besoin d'un échangeur supplémentaire pour faciliter l'accès des voitures depuis l'autoroute. Sauf que pour le construire, il faudrait que propriétaires terriens et exploitants s'entendent et mettent tous la main au porte-monnaie...»