Cinéma/audiovisuel : Une économie qui tourne
# Conjoncture

Cinéma/audiovisuel : Une économie qui tourne

L'Aquitaine s'affirme comme une terre d'accueil de tournages. Un succès dont les retombées se mesurent sur les emplois, les prestataires techniques, de transport ou d'hébergement... L'agence régionale Ecla veille à structurer la filière

En 2010, l'Aquitaine a accueilli 81 tournages (films, série TV, pubs, shooting photos..) pour 865 jours de tournage, soit une progression de 25% par rapport à 2009. En novembre2011, on comptait d'ores et déjà 571 jours de tournages rien que pour les films cinéma et télévisuels. L'Aquitaine est désormais dans le top 3 des régions, hors Ile-de-France et Paca, pour l'accueil de tournages. Depuis plusieurs années, l'implication financière du conseil régional (1), la structuration de la filière avec la création d'une agence régionale Ecla et de bureaux d'accueil de tournages ont porté leurs fruits. Empirique, cette économie gagne désormais en visibilité grâce à une étude précisant ses retombées sur le tissu régional.




Jusqu'à 40 000? par jour pour une série télé

Elle révèle ainsi que les dépenses locales d'un tournage, par jour, varient entre 1.500? pour un documentaire, 11.000? pour un long-métrage à petit budget, 30.000? pour un long-métrage à gros budget et jusqu'à 40.000? pour une série télé. Pour les films télé ou documentaires, l'embauche constitue le poste financier local le plus important. Pour les longs et courts métrages, la majorité des dépenses locales se fait en transport, défraiement et régie.




8 à 13€ récupérés pour 1€ investi dans une série télé

Parmi les tournages aux fortes retombées économiques, on repère ainsi le dernier long-métrage de Martin Valente, tourné intégralement en Aquitaine, "Un jour mon père viendra" au budget de 4M? ou la série télé "Le Sang de la vigne" avec Pierre Arditi... «On constate que les fictions pour la télévision, faisant particulièrement appel à des compétences locales, ont un réel impact économique. Pour un 1? investi par la Région, une série télé rapporte ainsi entre 8 et 13 € (2)» indique Jean-Raymond Garcia qui dirige le pôle cinéma et audiovisuel d'Ecla. Cependant, pour améliorer les performances de cette filière, l'offre de compétences (techniciens, comédiens...) doit être renforcée. «Il faut qu'un réalisateur trouve un vivier dans un rayon de moins de 50km et que ce personnel corresponde bien aux compétences voulues. Cela doit passer par des formations mais également des fichiers améliorés, des outils de promotion, de la participation à des salons... L'idée est de permettre aussi à ces intermittents d'exporter leur savoir-faire hors des régions», précise Jean-Raymond Garcia.




Associations de techniciens ou de comédiens

Pour mieux coordonner l'offre, une association de techniciens a ainsi vu le jour et une autre rassemblant des comédiens se met actuellement en place. Eléments d'attractivité forts, les fonds de soutien dispensés par le conseil régional ont augmenté en 2011 de 700.000? pour soutenir les longs métrages, les fictions télé et créer- ce qui est nouveau- un fonds d'aide aux entreprises régionales. «Il faut aussi casser une certaine image de l'Aquitaine repérée surtout comme un lieu de tournage patrimonial avec sa ville XVIIIesiècle, ses vignes, son palais de Biarritz... L'idée est de mettre en avant des décors plus contemporains. Des milliers de nouveaux décors viennent ainsi d'être réperto

riés...» (1): Plus de 2M? annuel pour soutenir une trentaine d'oeuvres. (2) Les retombées sont de 1,5? pour un court-métrage et entre 2? et 4? pour un long-métrage de budget inférieur à 4M?.

# Conjoncture