Après l'arrivée d'un nouveau site internet et d'un nouvel acronyme, place à un lifting en profondeur... Avec près de 8 000 salariés (dont 1 500 médecins) et un budget annuel de 700 millions d'euros -qui le place au onzième rang des hôpitaux publics français-, le CHU Grenoble Alpes (CHUGA) se prépare à démarrer des travaux qui se poursuivront jusqu'en 2022. L'objectif ? Moderniser des locaux, restés dans leur jus depuis les années 1970. « C'est un hôpital qui n'avait pas subi de plan de rénovation intermédiaire. Ce plan était absolument nécessaire » souligne Jacqueline Hubert, présidente du directoire du CHU. « Nous allons démarrer dès janvier les travaux pour la réalisation du nouveau plateau technique, qui va comprendre de nouvelles urgences, deux étages de réanimation, et un héliport sur le toit » précise-t-elle. Au total, le CHU disposera de 32 salles d'opération, de quatre salles d'endoscopie, quatre salles de radiologie interventionnelle et d'une unité de chirurgie ambulatoire de 50 places.
Une enveloppe conséquente
Durant toute la durée des travaux, le CHU va s'organiser pour continuer à fonctionner sans interruption, avec une masse salariale stable. Pour financer ce plan d'envergure, 22 millions d'euros seront apportés par l'État, par l'entremise du Comité Interministériel de Performance et de Modernisation de l'Offre de Soins (COPERMO) et seront complétés par des prêts bancaires (105M?) et de l'autofinancement (55M€). « Chaque année, nous investissons 28 millions d'euros dans les travaux et équipements » affirme Jacqueline Hubert. Même si le CHU enregistre annuellement une progression d'activité de 3 à 4 %, le contexte économique demeure difficile. Avec la baisse des tarifs hospitaliers, qui ont chuté de 1,5 % en 2016, et des dépenses salariales en hausse, le CHU a été contraint de lancer un plan triennal d'économies. En 2015, l'établissement affichait 385 millions d'euros de dettes.
Ambulatoire et mutualisation
Pour développer ses recettes, le CHUGA mise sur le développement de la chirurgie ambulatoire, qu'il souhaite faire progresser de 40 à 45 % en 2017. Après avoir rendu un rapport au gouvernement en mai dernier, Jacqueline Hubert compte aussi sur la mise en place des groupements hospitaliers de territoire, permis par la loi Santé. « En Isère comme au niveau national, on a fait le constat que les établissements publics ne travaillaient pas ensemble, et qu'il n'existait pas un accès aux soins égal sur le territoire ». En ligne de mire : le regroupement de neuf établissements, 15 000 professionnels, 930 millions d'euros de budget et un bassin de 800 000 patients. Cette nouvelle a suscité l'inquiétude des syndicats, qui craignent que ces mutualisations n'entraînent des fermetures de lits au sein des hôpitaux locaux, des suppressions d'emplois ainsi que des plans d'économie.