Directeur des achats et de la logistique groupe chez Crédit Agricole SA, Christian Laurenceau était l'invité de l'association EthiCum, fin janvier, pour son forum trimestriel sur le thème «Achats responsables, comme maillon essentiel du management et du développement des entreprises». L'occasion d'en découvrir les enjeux avec ce docteur en sciences économiques.
Quelle est votre définition des achats responsables?
Ce sont des achats qui respectent à la fois les prescripteurs, la relation avec les fournisseurs... Dans un achat classique, on est plus dans une relation prix/quantité. Ici c'est le prix par rapport à la qualité, l'environnement, le recyclage... Ca englobe les dimensions économiques, sociales et environnementales.
Comment une entreprise peut-elle s'engager dans une démarche d'achats responsables?
C'est une implication de toute la hiérarchie, du P-dg aux salariés. S'il n'y a pas d'adhésion, ça ne marche pas. Il y a une dimension éducative.
Qu'est-ce que ça apporte à l'entreprise?
Avant tout de l'image. Il faut savoir que ce qui touche aux achats durables n'est pas qu'une mode mais un vrai mouvement de fond, c'est une prise de conscience générale.
Ca peut aussi être une source d'économies sur le long terme?
Si on en fait, tant mieux, mais ce n'est pas l'objet premier. Quand on achète, le prix n'est pas le plus important, il faut surtout s'interroger sur l'expression du besoin: s'interroger sur ce dont on a vraiment besoin.
L'achat le plus responsable, c'est celui qu'on ne fait pas?
Oui absolument, c'est la base!